CALVI ET SES HOMMES REMARQUABLES
Les miasmes de ce marécage rendent malsain le faubourg de Galvi. L'air est meilleur là-haut dans l'enceinte de la forteresse, qui renferme la ville proprement dite. Je montai à cette citadelle génoise, la plus forte après Bonifacio. Au-dessus de la porte on lit cette inscription : « Civitas Calvi semper fidelis. » Galvi fut toujours fidèle aux Génois. Il faut admirer la fidélité quand elle est, comme ici, exempte de servilisme : Galvi était une colonie génoise. Ges paroles sont devenues historiques à plus d'un titre. Lorsqu'en 1794 le général républicain Gasabianca, après une défense héroïque, dut livrer Gahi aux Anglais, il exigea entre autres choses que la porte de la ville consei^ât son ancienne inscription ; ce qui fut scrupuleusement observé.
Il n'y a qu'un point sur lequel Gênes et Galvi ne sont pas d'accord : les Galvais soutiennent que Christophe Golomb est né dans leur ville, d'une famille génoise qui y était établie depuis longtemps. Il s'est élevé à ce propos une vive dispute rappelant l'ancien débat entre les sept villes de Grèce, qui s'attribuaient l'honneur d'avoir donné le jour à Homère. On dit que Gênes s'est emparée des registres de la famille des Golomb de Galvi et qu'elle a même changé le nom de la via Colombo de cette ville en celui de via del filo ! Il paraît, en outre, que les Galvais ont été les premiers Corses qui se soient rendus en Amérique et que les Colombo