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LA VILLE DE SÂRTËNE

La ville de Sartène n'a que 3890 habitants. L'arrondissement dont elle est le chef-lieu se divise en huit pièves ou cantons et compte 29,300 âmes.

Sartène m'a paru encore moins une ville que Calvi et la petite Ile-Rousse. Il n'y a rien qui la distingue : ses constructions ressemblent à celles de tous les villages de la Corse, seulement un peu en beau. Ses maisons, la tour même de son église principale, sont bâties en pierres brunes superposées et cimentées avec de l'argile. L'église seule est badigeonnée en jaune ; tous les autres bâtiments sont noirâtres. Plusieurs ont l'air de misérables masures ; et il y a telles rues escarpées, si étroites que deux hommes à peine peuvent y passer de front.

Les maisons ont une porte cintrée où l'on arrive par un escalier en pierre, fort roide, établi au milieu de la façade.

Je me suis promené dans ces rues : Dite, la ville infernale de Dante, ne devait pas être faite autrement. On trouve cependant, au quartier Saut' Anna, des maisons appartenant à de riches familles, qui ne manquent pas d'une certaine élégance : quelques-unes même, malgré leurs noirs matériaux, se présentent très bien. Elles sont toutes originales et fort pittoresques, grâce à leur toiture aplatie, qui dépasse de beaucoup les murs, et aux nombreux tuyaux de cheminée à l'italienne, qui les surmontent, affectant des formes diverses.

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