CHAPITRE IV
Ceccaldi, Giafferri et cV autres Corses emprisonnés par les Génois; Révolte à Rostino et guerre générale; assemblée de Corte {1735); bases delà Constitution corse; Giafferri et Hyacinthe Paoli chefs de la nation ; on leur adjoint ensuite Ceccaldi ; Situation précaire de Vile ; secours mystérieux.
On attendait la ratification de l'Empereur ; mais avant qu'elle arrivât, le sénat de Gênes, aigri par les revers, altéré de vengeance, se laissa entraîner à une injustice qui provoqua une explosion. Ceccaldi, Giafïérri, l'abbé Aitelli et Piafïaelli, les chefs des Corses, ceux-là mêmes qui avaient signé le traité de paix au nom de leur pays, furent arrêtés tout à coup, sous prétexte de haute trahison, et jetés dans les prisons de Gênes. Un cri d'indignation s'éleva alors dans toute l'ile ; on courut à Wachtendonk et on le rendit moralement responsable de cet acte de violence ; on écrivit au prince de Wurtemberg, à l'Empereur lui-même pour invoquer la garantie du traité. L'Empereur réclama les prisonniers qui furent relâchés tous les quatre ; mais on leur arracha la promesse qu'ils ne retourneraient plus dans leur pays. Ceccaldi se rendit en Espagne, où il prit du service ; Rafïaelli alla à Rome ; Aitelli et Giafferri se fixèrent à Livourne, afin de surveiller de près les événements. Il y avait, en effet, toute apparence que la situation ne tarderait pas à changer.
Le 15 juin 1733, Wachtendonk s'embarqua aussi avec ce qui lui restait de troupes allemandes. La Corse se trou-