CHAPITRE IX
Pascal Paoli; sa jeunesse. — Il débarque en Corse (1755); il est nommé chef suprême de la nation. — Ses sages mesures ; défaite et mort du rebelle Marins Matra {17 5Q). Paoli continue la guerre avec succès ; Gênes s'adresse alors à la France, qui consent à occuper pendant trois ans les places fortes du littoral. — Les Français quittent Vile, et la lutte contre Gênes est reprise avec acharnement ; la République a encore recours à la France, qui réoccupe les places fortes pendant quatre ans.
Pascal Paoli était le fils cadet d'Hyacinthe. A l'âge de quatorze ans il avait accompagné son père à Naples, dans l'exil. Les remarquables facultés de l'enfant faisaient déjà pressentir un homme qui rendrait un jour de grands services à la patrie. Son père, très instruit lui-même, l' éleva avec soin et lui fit suivre les leçons des maîtres les plus célèbres de la ville. Naples était alors, et resta pendant tout le dix-huitième siècle, le centre de cette grande école philosophique italienne, dont les études embrassaient l'éducation, l'histoire et l'économie politique, et qui comptait des philosophes tels que Vico, Giannone, Filangieri, Galiani et Genovesi. Le jeune Corse se forma surtout à l'école de Genovesi, le grand économiste italien, qui rendit souvent témoignage du génie de son élève. Paoli est l'un des plus grands philosophes humanitaires du dix-huitième siècle, qui aient cherché à mettre en pratique les théories de cette école, à les appliquer à la constitution d'un Etat.