‹ Histoire des CorsesChapitre 74 sur 408 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Derniers efforts des Corses pour défendre leur indépendance ; ils sont défaits à la batailte de Ponte-Novo (1769).

A cette époque les sympathies pour la Corse étaient devenues plus vives que jamais. En Angleterre surtout l'opinion publique se prononçait hautement en faveur du peuple opprimé, et priait le gouvernement d'intervenir contre le despotisme dont la France appliquait les principes d'une manière si brutale. Lord Chathan y était, disait-on, réellement disposé. Les Corses avaient les yeux fixés sur la constitutionnelle Angleterre, espérant qu'une nation grande et libre ne laisserait pas périr un peuple libre. Ils se trompèrent. Le cabinet de St-James refusa, comme en 1760, d'entrer en relations avec les rebelles. Le peuple anglais ne se prononça que dans les réunions privées ; les particuliers firent des manifestations et envoyèrent de l'argent, mais ce fut tout. Les cabinets n'étaient d'ailleurs pas fâchés de voir, avec un peuple de héros, disparaître un dangeureux germe de liberté démocratique.

Malgré ses succès, Pascal Paoli reconnut tout le danger de sa position. 11 proposa à la France un traité qui, tout en reconnaissant l'autorité du roi, laissait aux Corses leur constitution, et accordait seulement aux Génois une indemnité. On rejeta la proposition, et l'on se prépara à porter le dernier coup. Cependant Chauvelin sentait sa faiblesse. Suivant les errements de la SS. République, il voulut, parait-il, se débarrasser de Paoli, comme elle l'avait

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