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était de surveiller l'enseignement donné par un collège sous la direction du chapitre. En 1613^ M" Philibert du Colombier était chanoine préceptorial et avait le titre de principal du collège. Les bâtiments de ce collège étaient situés rue d'Ecotay, conduisant de la porte de ce nom à la rivière de Vizézy. Ils paraissent avoir été considérables et renfermaient dans leur enceinte un bâtiment destiné au pressoir du collège. La mention de ce pressoir nous apprend que dans ses revenus le collège comptait des vignes. Ces bâtiments étaient confinés au matin par la rue d'Ecotay^ au midi par la maison et le jardin de M. Antoine Géroffier, enquêteur au bailliage de Montbrison, et par le vingtain ou les remparts de la ville.
Nous n'avons pu découvrir quel avait été le fondateur du collège de Montbrison, toutefois nous croyons avoir trouvé le premier noyau de cette utile création dans une des nombreuses donations faites par la comtesse de Forez^ Jeanne de Bourbon, dans son testament du 13 juin 1400; nous la reproduisons en entier d'après le texte latin donné par M. Chantelauze (1).
Iterrij je veux et ordonne qu'à perpétuité
trois clercs pauvres du comté de Forez, choisis par le Doyen et le chapitre de l'église de Notre-Dame de Montbrison, soient instruits dans les écoles pendant cinq ans, et que successivement à chaque période de cinq années trois autres clercs, n'étant pourvus d'au-
(1) Bittoire des ducM de Bourbon et deê comtet de Forez, par La Mure et Chantelauze» t. 3, preuves 114 Mf.
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cun bénéfice ecclésiastique^ soient choisis pour les remplacer. Je donne pour chacun d'eux, à perpétuité, soixante sous tournois et deux septiers de seigle à titre de pension annuelle et perpétuelle, laquelle pension sera payée à chacun desdits clercs, dans les lieux accoutumés, à chaque fête de tous les Saints.
Item , voU) et ordino quod très pauperes
clerid de comitatu Forensi per Decanum et Cd^ pitulum ecclesie béate Marie Montisbrisonis eligendi instrtuinturperpetuis temporibus in scholis per quinqueniumj hoc est per quinque annos; ita qtcodj finito tempore dictarum quinque anno^ runij successive j de quinqvsnio in quinquenio^ aXii très pauperes clerid^ nullum obtinentes 6eneficium ecdesia^ticunij perpétua subrogenturj ut supra j et eligantur. Qicorum dericorum sinr gvlis do et legOj perpetuis temporibus, sexagenta solidos turon. et duo sestaria siliginis de et pro annua (ij et perpétua pensione; que annuapensio ouilibet dictorum clericorum, in lodsjam assu^ tiSj solvatur et solvi debeat drca qu^d libet festara omnium Sanctorum.
Ce testament de la comtesse Jeanne de Bourbon fut fait à Saint-Galmier; du moins nous sommes fondés à le croire par la signature des témoins qui sont tous de cette ville, et notamment par celle de Pierre Alibert,
(1) Dans le texte de ce testament reproduit par M. Gbantelauie, on lit : firo anima et perpétua penekme. Nous avons crn devoir remplacer le mot anima par celai annua qui nous paraît plus conforme au sens de la donation.
curé de Saint-Galmier, qui y apposa le sceati de son église (1).
Si avant la donation que nous venons de rappeler il existait une école dans le chapitre de Montbrison^ la généreuse donation de la comtesse permit de lui donner plus d'extension.
Ainsi l'existence du canonicat préceptorial, les fonctions de principal du coU^ remplies par un chanoine^ la situation même des bâtiments placés dans le voisinage du cloître où logeaient Messieurs du chapitre et dont ils n'étaient séparés que par la petite rue d'Ecotay, tout nous porte à croire que si les chanoines ne furent pas les premiei's fondateurs de cette école, ils en furent les directeurs, conformément aux intentions de la comtesse.
Il est bon de remarquer que si le collège eût été un collège communal et non un établissement relevant du chapitre, il eût été établi dans ce que l'on appelait alors la ville de Montbrison proprement dite, c'estàdire dans la partie située au nord de la rivière de Viîzézy. La partie au midi de cette rivière comprenait le quartier Sainte- Anne, le chapitre et le quartier de
(i) La comtesse Jeanne avait une grande affection pour Saint- Galmier, elle y faisait de fréquents séjours ; deux de ses enfants y vinrent au monde : Louis le 16 mars 1338, et Jean en 1343.
Le comte et la comtesse de Forez y habitaient le château de Teillères sur les bords de la Goise. Cette habitation est mentionnée dans le testament du comte Guy VU , qui en fait don à son fils Jean avec tous les droits, servitudes qui en dépendent et tous les meubles qoi la garniront le jour de sa mort. (Hittaire dêê duct de Bourbon et de$ comtet de Forez , par La Mure et Ohantelauze , t. 8*, p. 119)
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la Porcherie oà était le collège^, le liaut relevaat de la juridiction de Moind (village aitué à 1^300 mètres au midi de Montbrison) ^ en sorte que le châtelain de la ville n'eût pu exercer aucune juridiction sur le collège qui ne se trouvait pas dans son ressort. Nous verrons bientâ^t que^ lorsque le collège devînt réellement covor miuial^ il fut installé dans la partie de la ville soumise au châtelain. U faut encore remarquer que la porte de la ville> appelée Ecotay^ à laquelle touchait le bâtiment du collège^ était surmo;itée des armes dv char pitre (un dauphin et des fleurs de lys d'or). Ne pourraiton pas y voir un sig^e de protectorat sur ui^ établissement que le chapitre ay«iit fondé ou tout au moins développé?
Quoi qu'il en soit de ces incertitudes sur les fon-^ dateurs du collège de Montbrison^ np\jia savons qH'il compta parmi ses bienfaiteurs M. Clande deTournon^ bourgeois de Montbrison et conseiller au parlenient de Dijon ^ et dame Catherine de j^ilhon^ sa yeuye. Claude de Tournon^ par son testaipent reçu Louis Dalmea^ notaire à Montbrison^ le 31 août 1^38^ après plusieurs fondations pieuses^ après plusieurs legs^ aussi importants que nombreux^ faits à ses parents^ institua les pauvres ses héritiers universels; mais ils ne devaient jouir de son importante succession qu'après le décès de sa femme Catherine de Bilhon^ ou plus tôt dans le cas de convoi de cette dernière. Les exécuteurs testamentaires de Claude de Tournon jugèrent sans doute convenable d'appliquer à l'instruction de la jeunesse une succession donnée aux
pauvres de la ville; car nous verrons bientôt que rhérédité de M. de Tournon fut consacrée à Ventre^ tiennement du collège.
Ce testament, que nous avons été heureux de découvrir (1), nous a paru assez intéressant pour en faire connaître les principales dispositions. Le testateur y élit sa sépulture dans l'église de Saint-Pierre, en la chapelle des Tournon, et au tombeau de feu honorable homme Antoine de Tournon, son père. Nous connaissons encore cette chapelle, grâce à Tinscription suivante gravée sur un des piliers de Tarcade : « A la mémoire perpétuelle de noble Claude de a Tournon, conseiller du roi, élu en Forez, lequel oc s'étant montré amateur des pauvres et fidèle ser- « viteur en son état des rois Henry IP, François IP « et Charles IX', a laissé ce monde le 26 février 1522, « après avoir vécu 47 ans Dieu aie son âme.
d A. du Verdier a fait poser Tépitaphe. »
Au-Klessous est le blason des de Tournon : d'azur au chevron d'or, accompagné de deux étoiles d'argent et d'une tour d'argent maçonnée de sable en pointe. Il est accolé à celui de la famille du Verdier.
Ces émaux, non indiqués par la sculpture de la pierre, ont été relevés dans V Armoriai général de France j tome 17, Lyon, page 361, sur les armoiries de Jeanne de Tournon, femme, vers 1700, de Charles- Joseph Mazenod, seigneur de Pavézin.
(1) ArchiTes du départament de la Loire, titres des Gordeliers de Montbrisoa.