PRIEURE DE SAINT-ELOY
Parmi les nombreux couvents de femmes qui peuplèrent autrefois la ville de Montbrison , il en est un dont l'existence éphémère est à peine mentionnée dans notre histoire locale : je veux parler de cette association de femmes connue sous le nom de Pénitentes, et dont les archives ont complètement disparu.
L'ordre de la Pénitence, institué par saint François d'Assise, vers 1210, fut appelé quelques années plus tard le tiers-ordre de Saint-François, pour le distinguer de celui des Frères mineurs et de Sainte-Claire, aussi fondés par saint François d'Assise. C'était dans le principe une assemblée de personnes séculières. Plus tard, le tiers-ordre devint régulier, il adopta la règle et le nom de Saint-Augustin; mais s'étant relâché d'une règle trop sévère, un de ses membres.
Vincent Massard , parisien , entreprit sa réforme vers 1595. Il fit à cet effet construire un couvent près de Paris, en un lieu appelé Piquepus, dont cet ordre a conservé le nom (1).
Notre premier historien, de La Mure^ a consacré les quelques lignes qui suivent aux Pénitentes de Montbrison :
a Vers 1224, le comte Guy IV, après la fondation ce de Téglise de Notre-Dame, fonda une maison de a religieuses appelées Pénitentes de Tordre de Saint- (L Augustin, près de la ville de Montbrison, et leur a assigna pour première dotation de leur monastère a une pension annuelle de dix-sept septiers de seigle, a sur le domaine de sa terre et châtellenie de Cham- « béon. Cette maison des premières religieuses de a Montbrison subsista environ deux siècles; mais, a sous le comte Jean II, ce couvent étant demeuré a vacant et désert, par la mortalité qui y était arrivée a de toutes les religieuses, il ne s'est depuis relevé, a mais a été heureusement remplacé par plusieurs a autres maisons de filles religieuse^ qui sont établies a en ladite ville. »
Voilà, à peu près, tout ce que La Mure nous a appris sur ce couvent. Il ne nous a pas même fait connaître où il était situé, et se borne à nous dire qu'il était bâti auprès de Montbrison. Un titre de 1304, rencontré dans les archives du prieiu'é de Savignieu, nous a permis de constater que le couvent
(1) Dictionnaire de Moréri.
LES PÉNITBNTBS DE SAINI^AUGUSTIN. . 81
des religieuses de SaintrÂugustin était situé prè$ de la porte de Moind; il était connu, à cette époque, sous le nom de prieuré de Saint-Eloy.
La Mure fait remonter rétablissement de cette^ maison vers Tannée 1224. Peut-être cette maison est-elle la même que celle dont il est parlé dans un acte de 1220, par lequel le comte Guy donne vingt quartes de sel à la sainte maison du Bouchet, à prendre annuellement au marche de Montbrieon (1).
Renaud de Forez, à l'imitation de son père Guy IV, vint en aide à cette maison naissante ; par son testament de 1270, il contribua par un don de cent sols viennois à Tceuvre de son église (2).
Par ce même testament, il fit encore un don de cinq sols viennois à chacune des religieuses de cette maison, et donna spécialement aux deux filles de Dalmace de Balbigny, qui étaient Pénitentes au même couvent, une rente de vingt sols viennois pour leur habillement (3).
(l) livre des Coniponlion» du Forez, n* 109, P G3, bibliothèque de la villede Saint-EtieDoe. — Inventaire dei titrei du comté de Forez, par Âug. Chavorondier, p. G39.
(-2) Notes manuscrites d'Aug. Bernard dans l'exemplaire à son usage de son Hittoire du Forez dont il a fait don h la ville de Saint- Etienne, t. t, p. 553.
(9) Histoire de$ duc$ de Bourbon, par La Mure et Chontelauze, t. 3, p. 63. — L'Armoriai du Lyonnais, Forez et Beaujolais mentionne une famille chevaleresque de Balbigny, qui , d'aprîs lui , tirait son uom du village de Balbigny; noua croyons qu'elle le tirait plutôt du Ôef de Daibignieu, hameau situé sur la paroisse de Savignicu , près de Montbrison, dont nous avons trouvé la mention dans les archives de son prieuré , dès le XII' siècle. Peut-être même ce Dalmace de Balbigny élait-il on membre de la famille de Damas (DalmadiJ, ainsi apl«elée à son origine.