BOURGEOISIE
§1- Relisez et comparez. Jamais, lors même que rhistoire de France s'écrivait à Coblentz et à Saint- Acheul, on n'ofiensa plus scandaleusement la Térité. Jamais on n'accumula plus de mensonges, plus de crimes, pour une fin plus maudite. Depuis le 2 décembre, des coupejarrets, qui ont pris à bail l'imposture et la diffîanation^ trempant leurs plumes dans un mélange de boue, de venin et de sang, nous traanent sur la claie ; à les en croire, depuis cinq grands mois on voit défiler dans quarante départements d'affî*euses processions de bandits qui s'en vont le sac du butin au dos, la faulx sur l'épaule, la torche à la main, le blasphème à la bouche; pillant les châteaux, dévastant les fermes^ saccageant les villes, égorgeant les hommes, violant les femmes, brûlant les enfants, assassinant une foule de sous-préfets qui se portent fort bien aujourd'hui pour déposer contre leurs prétendus meurtriers. Ces abominations, ils les ont répétées partout, répandues à des millions d'exemplaires aux frais du trésor public ; et en même temps ils ont fermé la bouche à la défense, bâillonné ou suspendu tous les journaux de l'honneur et de la vérité. Si bien qu'à la
360 LES CRIMES DU DEUX DlfCEMBRE.
voix de ces indignes ennemis les sombres ailes de la peiir ont couvert la France comme d'un nuage livide ; la province a cru les faubourgs de Paris regorgeant de sectaires de théories monstreuses, Paris a cru la province fourmillant de cannibales ; le monde a cru les trois-quarts de la population de nos villes et de nos campagnes composés de scélérats. Il y a encore en France et en Europe nombre d'hommes, de bonne foi d'ailleurs, à qui vous persuaderiez difficilement que l'armée des faux serments n'a pas préservé notre patrie " des horreurs de la jacquerie P
Mais les tables de proscription sont là ; qu'on les ouvre, qu'on les compulse, et l'on verra que tous ces brigands aujourd'hui emprisonnés, internés, bannis, déportés, errant sur la terre d'exil, souffi:ant au fond des colonies pénitentiaires, appartiennent en grande partie aux classes éclairées et conservatrices. Les partageux sont des propriétaires, les Jacques des médecins, les bandits des notaires, les pillards des hommes de lettres, et les égorgeurs des magistrats. Nous parlons ainsi pour ceux qui voient une garantie de moralité dans le fait "d'avoir quelque chose sous les pieds." Quant à nous qui connaissons les prolétaires, qui les avons vus de près, nous ne les croyons pas moins conservatewrs que les riches, et s'il nous fallait absolument chercher dans les différentes couches de la société fiunçaise la plus honnête et la plus désintéressée, nous désignerions celle qui est appelée plus particulièrement le peuple.
Les listes des victimes du 2 décembre sont immenses; ce sera encore un travail long et aride que d'en détacher quelques pages ; mais qu'importe la fatigue, si l'on parvient à la vérité et à la lumière î
Commençons.
Lot. — " Arrêté du commcmdcmt supérieur de Vétat de siège da/ns le departeinent du Lot
" Le colonel chef de la 12^ légion de gendarmerie
RjésiSTANCE PAB LA BOTJBOEOISIE. 361
commandant les troupes de Tétat de siège dans le département,
" Considérant que les nommés Marlet, rédactewr du journal le RêforrruUeur du Lot et du Ccmtaly demeurant à Cahors ; Delord, juge cm tribunal de première instcmce de Cahors; Combarieu, de Cahors, conductev/r des ponts et chaussées; Ange Pechméja, rédactewr du Réformateur; Teyssédon, sellier; Lausser, graveu/r ; Seguy, ma/rchamd ta/nneur ; Nu éj ouïs, serrurier ; Brassac fils, commis de IIbrairie ; Pinel, orfèvre ; Coste, sculpteur, tous de Cahors ; Jourdanet, propriétaire, à Labastide-du-Yert ; Desprats, percepteur à Labastide de Saint-Cyprien ; Sabatier, teinturier à Puy-l'Evêque ; Sarlat, propriétaire à Puy-FEvêque ; Fromentèze, instituteur à Girac ; Gauzens, comma/ndant de la garde nationale à Figeac ; Calmels, limonadier; Ligonie père, secrétaire de la mairie; Calmel (Eugène) tapissier ; Bailly, horloger; Rames aîné, taalleu/r; Massin, employé à l'hospice; Tourdonde, tous de Figeac; Yanel, maire de Thémines ; Cayrel, huissier à Lacapelle-Marival ; Monbertrand, dit Cadet, adjoint d'Aynao; Bouscarel; Charles de Latronquière, Yayrac, limonadier; Thomas, employé en retraite; Bibayrol, garçon cloutier ; Mespoulié, limonadier; ces quatre derniers de Saint- Céré; Bergougnoux et Andral, maire et secrétaire de la mairie de Gramat ; Yalens, instituteur à Cazillac ; Yalrivière aine, membre du canseU-génêral, à Carennac ; et Gimel, instituteur à Bétaille ; contre lesquels des mandats d'arrêt ont été lancés comme prévenus d^ avoir participé aux actes insurrectionnels et aux désordres qui se sont produits sur plusieurs points du département, sont en ftiite ;
« Yu l'état de siège,
" Arrête, etc.
" Signé : le Colonel Pellagot.
"A Cahors, le 29 décembre, 1851."
Seine-et-Oise. — "D'assez nombreuses arrestations ont été feites dans les arrondissements d'Etampes et de Corbeil, sur mandat de M. Cavaignac, commandant l'état de siège dans le département. Ont été arrêtés et conduits à la Maison d'arrêt d'Etampes : les nommés Martin, médecin ; Soufflot, charpentier; Bernard, propriétaire, demeurant tous les trois à Etampes ; Diet, cmden greffier, eoo-commomdant du bataillon cantonnai de Saelas ; Cayot, carrier à Dannemois ; Bernard, yeei*Zier à Moigny, et Bouret niédecm à Etrechy." — {J<yumal de Dreux,)
Lot-et-Gakonne. — A la suite du combat qu'il n'a pas soutenu aux environs de Marmande, M. Flayelle, lieutenant de gendarmerie, donne le nom et le signalement des ccvnrnibcdes et des partageitx devant lesquels il a pris la fuite, laissant un des siens blessé sur le terrain.
"... De nombreuses arrestations écrit-il ont été faites. Nos prisons sont pleines ; mais les principaux che& ont échappé. On dit que quelques-uns d'entre eux sont dans la Dordogne j je vous en donne ci-après les noms ; tâchez, si vous le pouvez, de les faire arrêter. Il y a contre eux des mandats d'arrêt :
" Peyronny, ancien chef d^ escadron, décoré de la croix d^ officier; Yergnes, a/vocat, ancien constitita/nt ; Lafitteau, notaire, soigné dans sa toilette ; Faget-Renolde, heau-père d'Emmanuel Arago, très soigné dans sa toilette; Gayneau, avou^; Baccarisse, avoué; et beaucoup d'autres qui ont pris la fuite dans toutes les directions.
" Je vous écrirai plus longuement, etc.
Signé : " Flayelle." {Union Corrézienne, 20 décembre.)
Allier. — ^Au Donjon, les coups ont été mesurés à la résolution intrépide de ceux qui avaient pris les armes pour la légalité. Le conseil de guerre des insurgés a frappé avec la fiireur d'im ennemi implacable.
BESISTANCE PAB LA BOURGEOISIE. 363
Ont été condamnés :
A la RECLUSION : MM. Boursixihot, pharmacien; Laborde, petit propriétaire ;
A la Déportation : MM. Raguin, épicier; Gallay, très riche propriétaire; Yignot ;
Aux GALÈRES : MM. Tyrol et GaiL
A mort ; MM. Nolhac, médecin; Terrier, aine, notaire; Terrier, jeune, propriétaire; Fagot, riche propriétaire; Ernest Preverand, petit propriétaire; Honoré Preverand, petit propriétaire.
Les biens de tous ces condamnés avaient été précédemment mis sous le séquestre par le mémorable arrêté du général Eynard avec ceux des citoyens Treille, cordonnier; Blettery, bouclier au Donjon; Chomet, médednhJaHigaj^ Meusnier, pharmacien à Cbaveroche ; Auboyer, prcprié' taire à BreuiL
Voilà quelques-uns des incendiaires et des Jacques qui furent frappés dès les premiers jours comme ayant voulu mettre la société à feu et à sang pour opérer le partage des terres! On voit de quels rangs ils sortent. L'un de ces poïï'tageux, M. Fagot (du Donjon), a plus de 500,000 fi:ancs de biens au soleil ; un autre, " Faget, beau-père d'Emmanuel Arago," comme dit, avec une politesse toute élyséenne, M. le lieutenant de gendarmerie Flayelle, possède notoirement près d'un million de fortune territoriale.
Les conseils de guerre, les commissioiis militaires, simples, ordinaires, extraordinaires, mixtes, départementales, généraleS) qui ont successivement disposé de la liberté et de la vie des meilleurs citoyens, n'ont pas épargné davantage ceux qui en raison de leur rôle dans la société ont toujours été considérés comme les colonnes de l'ordre.
C'est surtout dans le département des Basses- Alpes que la jacquerie s'est montrée le plus hideuse; c'est là que
Ton a vu sortir de leurs antres le plus de bêtes fauves à ÎBiXiea humaines, le plus de brigands prêts à ravager la France. On pourra mieux juger encore de quel danger MM. Bonaparte et Persigny viennent de sauver la chrétienté, quand on connaitra la profession de plusieurs buveurs de sang que, malgré la soif de clémence du chef de Vétat et la mansuétude de son nouvel ami M. Bauchart, il leur a été impossible d'épargner.
Basses- Alpes. — Ont été condamnés définitivement, à diverses peines, dans ce seul département :
Deux anciens constituants : MM. Denoize, avoué, membre du conseU-général, et Duchaâault père, riche propriétaire, membre du conseil-général;
Quatre notaires: MM. Itard, de Digne, meinhre du conseil-général; Denoize, des Meés, cousin du constituant ; Chaudeuil, des Mées; Taxtanson, de Barème ;
Sept avocats: MM. Coule, de Digne; Duchafîault fils, de Digne; Jourdan, de Gréoulx; Guibert, de Gréoulx, membre du conseil-général; Bamau, de Sisteron; Debout, de Forcalquier ; Girandon, de Manosque ;
Un huissier: M. Billaud, de Valen sonnes;
"Neuf m^édecins : MM. Itard, des Mées; Allemand, de Riez; Allemand, de Manosque; Bellonet, de Tare; Cliaudoni, de Mezel; Isnard, de Barème; Chassau, de Cerette; Rouy, de Maune; E,uez,de Thouars.
Nous aurions deux pages à remplir si nous voulions ajouter les maires, les propriétaires, les commerçans du département des Basses- Alpes qui sont exilés, internés ou transportés. Beaucoup n'ont pris aucune part au mouvement, mais ils sont républicains; c'est être assez coupable.
" Si ce n'est toi, c'est donc quelqu'un des tiens."
Moselle, 14 mars. — On lit danaYUspérance, de Nancy: "Le 14, les portes de la prison de Nancy ont été ouvertes pour:
R^ISTANCE PAR LA BOUBOEOISIE. 3G5
"MM. Lafize, avocat, a/nden représentant d la conati' tuante; Louis, avocat, ancien membre du, conseil-génîral ; Antoine, a/oom à la cour cCa/jfypèl ; Yalerot, anfvden officier , ex-souS'pré/et de Toul; Lelièvre, ex-colond de la ga/rde nationale de Nancy; Boureiff, eœ-jyro/esseu/r déquitation, entrepreneur des convois funèbres; Coquignot, ancien hôtdi&r, et W^cœ^Hjfahrica/nt à Jarville.
" En même temps, ces messieurs ont été avertis qu'il leur serait accordé huit jours pour régler lev/rs affaires^ et qu'ensuite il leur serait délivré des passeports poiur l'Angleterre ou la Belgique.*'
Indépendamment des arrestations politiques Mtes à Nancy, le 17 janvier, on cite encore les suivantes: MM. Viox, ancien constituant; Cosson, ancien notaire de Lunéville; Ancelon, médecin à Dieuze; et Léman, médecin à Phalsbourg.
Indre, 13 janvier. — "Hier, les sieurs Sineau-Jaubert,
fabricant de draps à Chinault, et Peignet, tourneur,
Grande-Rue, à Issoudun, qui s'étaient dérobés par la faite
aux mandats décernés contre eux, ont été saisis à leur
domicile et conduits à la Maison d'arrêt.
" Dans ce département ont été condamnés :
A l'expulsion: MM. Leberre, notaire; "Flewcj, avocat; Périgois, riche propriétai/re à La Châtre ; Martin, a/vocat, ancien avoué; Dauphin, institv^teur à Argenton; Confiilens, médecin à Saint-Benoist ;
A l'iotemement : MM. Canuet, aA)oué au Blanc ; Reiully, OAJoué au Blanc ; Fougeron, avocat à Châteauroux ; Cirode, riche propriétaire, ancien négociant, à Châteauroux, Germain, négociant à Issoudun; Beuchère, propriétaire à Argenton.
Indre-et-Loire, 21 mars. — Le journal d'Indre-et-Loire rend compte des décisions prises par la commission extraordinaire de ce département :
"Sont expulsés de France : MM. Naintré, avocat,directeur et rédobctewr en chef du Progrès d'Indre-et-Loire et de Loir-et Cher, interdit par arrêté préfectoral du 6 décembre ; David aine, hiatittUeur, l'un des rédacteurs de ce journal; Girard, avmié à Tours; Leblanc, htdssier à Tours; Pesson, agréé à Tours ; Brouillart, pha/rmacien à Tours ; Carré, cafetier au Grand-Pressigny.
"Sont éloignés momentanément de France : MM. Cbaliés, officier de santé à Savonnières; Alphonse Loreau, médecin au Boulay.
"Sont internés avec résidence obligée: à Douai (Nord), M. Théodore Chauvelin, a/oocat, l'un des rédacteurs du Progrès; à la Rochelle, M. Vincent, a/rchitecte; à Amiens, M. Dubrac, médecin; à Yaunes, M. Déniau, géomètre à Amboise; à Bordeaux, M. Thevenin, instituteur à Nouzilly.
"Sont placés sous la surveillance du ministère de la police générale : MM. Berné, épicier à Tours; Herbault, fermier à Athée ; Depoix, officier de samJté à Saint-Branchs; Sertier,/aôncan< à Langeais."
Loir-et-Cher, 23 mars. — " Dans le Loir-et-Cher, on a enlevé tous les principatix médecins républicains. Cela donne une clientelle forcée aux médecins réactionnaires,
" Les citoyens Houdaille, PoUet, etc., ont été jetés hors de leur département. Ce sont les seids qui eussent de la valeur et Tine notoriété médicale."
Haute-Loire. — La commission mixte a condamné : au bannissement, M. Mancel, notaire à Eiom ; à l'internement, M. Randon, notaire, membre du conseil-général,
Jura, 22 mars. — On lit dans la Sentinelle du Jmra : " Nous savons que des expulsions et des internements ont été prescrits à l'égard de personnes qui n'étaient point actuellement détenues. Nous pouvons citer, entre autres, M. Poux, médecin à Lons-le-Saunier, qui est interné à Laon, ainsi que M. Mondragon, de Montaigu, et M. Noir,
Bl^SISTAXCE PAB LA BOUBGEOISIE. 367
médecin à Yoileur, qui sont expulsés de France, et dirigés sur la Belgique."
HERAULT, 22 mars. — Par décisions de la commission du département de l'Hérault, devenues définitives, ont été condanmés (Partout ils appellent cela condamner I) :
A l'expidsion : MM. Coulondre, de Montpellier, negodemi; Eaymond, de Montpellier, hanqmer; Favre, de Montpellier, clerc de notaire; Anterrieu, de Montpellier, avocat; Bourely, de Montpellier, a/vocat; Roucli, de Montpellier, a/vocat; Guiter, de Montpellier, avocat^ ancien préfet; Sevandy, de Montpellier, étudia^it; Lussignol, de Béziers, rentier; Korvaleski, de Lodève, médecin; Boissieux, de Lodève, Twtaire.
A l'éloignement momentané : MM. Kaquet, de Mont • pellier, négociant; Bedier, de Montpellier, négodcmt; Bouvialla, de Montpellier, commis négociant
A l'internement : MM. Villaret, de Montpellier, cordonnier; Gontier, de Montpellier, commis négociant; Mercier, de Cette, propriétaire et membre du conseil-général; Caisse, de Montpellier, étudiant ; Cauvy, de Montpellier, étvdia/nt; Pons, de Montpellier, teneiir de livres; Lisbonne, de Montpellier, avocat; Crouzat, de Montpellier, huissier,
Côte-d'Or, 23 mars. — Sont expulsés de France, pour l'arrondissement de Dijon seulement : MM. Dallée, huissier à Dijon; Dumez, rédacteur en chef du. Cown*î&r républicain ; Limaux, o/voué à la Gov/r d'appel; Guillier, négociant; Gaurel, a/vocat à Dijon; Maire, propriétairCf a/ncien constituant
Sont internés : MM. Vioctot, rédactewr du Démocrate de la Cùte-dOr; Yitu, cordonnier, etc.
Restent en surveillance à Dijon : MM. Delune et Bouilet- Deshalliers, avocats,
28 mars. — M. Welter, cmcien mmre de Beaune, et M. Renardet, notaire en la même ville, viennent de recevoir
des passeports, avec injonction de quitter le territoire français.
Allier. — Ont été exilés : MM. Laussedat, cmden constituant^ médecm à Moulins; Mège, médecin à Moulins; Desfilles, médecin à Bellenave ; Breilland, médecin à Dampierre ; Maugenest, médecin à Louvigny ; Lespinois, médecin à Huriel ; Chantemille, avocat, à Montluçon.
Gironde, 26 mars. — Parmi les personnes expulsées de France par la commission du département de la Gironde, on compte MM. Achard, avoué au tribunal de Lesparre ; Boutin-Lalorie et Merlet, meifribres du conseil - général ; Royer, avoué à Blaye; Sensas, avocat à Bordeaux; L'Hermiste, rédacteur de la Tribune de la Gironde; Tandonnet, rédacteur en chef du. même journal.
Aude, 27 mars. — Les personnes frappées par la commission mixte appartiennent à toutes les classes de la société, propriétaires, médecins, avocats, professeurs, commerçants, ouvriers.
Parmi les expulsés, se trouve M. Raynal, ancien constituant,
Haute-Marne, 23 mars. — Nous apprenons que le doctewr Lacour, de Doulevent (Haute-Marne), dont on connaît les menées démagogiques, vient d'être condamné, par la commission mixte de son département, à un exil de sept années. Un délai lui avait été accordé pour mettre ordre à ses aôaires, et comme ce délai est expiré, il vient de recevoir un passeport pour se rendre à Nice, Etats Sardes. ( Patrie.)
29 mars. — Parmi les hommes politiques de la Haute - Marne qui sont obligés de quitter la France, on compte M. Maitrait, a/vocat à Chaumont; M. Gillot, médecin, ancien maire de Langres ; M. Pivet, négociant à Baueil.
30 mars. — La commission mixte de la Haute-Marne a
KÉSISTANCE PAB LA BOURGEOISIE. 369
expulsé pour plusieurs années deux négociants, un membre du conseil-général, deux médecins, dont l'un conseiller municipal et ancien maire de Langres, un a/oocat, un professeur de rhétorique, etc.
Haute-Saône, 31 mars. — Le Journal de la Haute- Saùne annonce qu'une décision de la commission mixte, approuvée par le gouvernement, éloigne du territoire français pendant douze ans, M. Chaudey, avocat, à Yesoul; Petit, ancien greffier, négociant à Navenne; Huguenin, cmcien représentant, à Lure.
PYMéNéES-ORiENTALES, 31 mars. — On écrit de Perpignan : " Au nombre des exilés à vie se trouvent MM. Douffragues, Battle, Rousseau et Xatard d'Arles-sur-Tesch, l'un médecin, les autres propriétaires. On lit aussi sur cette liste les noms de M. Conte, propriétaire, ex-juge de paix de son canton, et de M. Navac, grand entrepreneur de travaux publics, qui avait quitté le pays depuis deux ans.
Parmi les exilés temporaires se trouvent le plus habile chirurgien de la ville, M. Paul Massot, inédecin des hospices depuis vingt a/ns; un des plv^ riches banquiers, M. Joseph Fabre, et Yavoca;t le plus distingué, M. Picas, ex-constituant^''
Tarn-et-Garonne, 31 mars. — On écrit de Montauban : Sont expulsés de France, savoir : MM. Bertal, avocat; Constans, avoué; Bousquet aîné, limonadier.
Sont éloignés momentanément du territoire, savoir : MM. Naneu aîné, avocat; Ansay, avocat; Poimiarède jeune, négociant; Chabrié, avocat; Flamens, avocat; Leygue, propriétaire; Monié, négociant; Serres, marchand de parapluies; Courtes, cordonnier.
Sont internés dans différentes villes de France, savoir : Bayron, vétérinaire; Berger-Roch, clerc d*avou>€; Delpecli étudiant; Manou jeune, négociant; Delbert aîné, n^odant; Delbert jeune, négociant; etc.
Sont placés sous la surveillance de la police générale : Bordes, propriétcMre cTMtd; Poujade, (woccLt.
-auBÉ, 24 mars. — Le Jon/mal de VAvhe annonce que M. Berger Berthier, commis-greffier au t/rUyu/nal de commerce de Troyes, a été arrêté et déposé à la Maison d'arrêt aoua la prévention de correspondcmce secrète a/cec les détenus politiqties.
29 mars. — M. Prudlion, eoo-sous-commissaire du gouvernement provisoire à Bar-sur- Aube, et M. Aristide Cottier, tous deux détenus politiques, ont été mis en liberté j Ha ont reçu des passeports, avec Tordre de quitter le territoire fra/nçais dans les itieuf jours,
Seine. — Par ordre de la commission militaire, il a été délivré des passeports entre autres aux personnes dont les noms suivent, avec ordre de quitter Paris dans les vingtquatre heures : MM. Baune (Aimé); ^professeur de lanrvguea; Lefebvre; L. Watripon, horwme de lettres; Delpech, aoulpteur; JeLConhert, architecte; CrespèUe, propriétaire; Clément- Thomas, ancien tnembre de V Assemblée constitu,a/ntey cmcien général en chef de la garde nationale de Paris; Couture, cordonnier; Yictor Magen, homme de lettres, éditeur; Duchosel, marclmnd de futailles; Pellissier, passementier; Maréchal, teneur de livres, Clavel, journaliste, etc.
On sait que se trouvent déjà en Belgique, M. le docteur Place, l'un des plus savants phrénologues de rEurope ; M. Duras, rédacteur en chef du National; M. Beschanel, professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand; M. Hetzel libraire-éditeur; M. Fleury, ancien constituant; etc.
Au nombre des exilés de Paris, il faut aussi compter M. Morel, capitaine de la garde nationale, propriétaire de trois grands établissements de teinture à Paris et d'une grande maison à Passy.
Sarthe, 6 avril. — Sont condamn/nés, par la commission mixte de ce département :
BESISTAXCE PAR LA BOUBGEOISIE. 371
A l'expulsion : MM. Louchet, jvye du trihwnal de commerce; Fameau, avoué; Milliet, propriétaire, capitaine de la garde nationale, un des rèdact€fuïï*8 du Bonfuyinme Ma/ruxoM,; Lemonnier, médecin; Trouvé-Freslon, tam.newr; Trouvé (Ed.), commis-hanquier; Jussorand, Eicliard et Ilenardeau, propriétaires.
Doivent être internés : MM. Houteloup, géra/nt du Bonhomme Manceau; Silly, rédacteur du même journal j Barbier, médecin.
D'autres citoyens, négodcmts, propriétaires, sont soumis à la surveillance de la police générale.
Deux-Sèvres. — La commission mixte, composée de MM. Sainte-Croix, préfet; Lion, colonel du 1" hussards; Savary, procureur de la République, a déporté en Afrique : Gorrin (Eugène), officier de santé; Rousseille, tamjrveur.
Déportés dont la peine a été commuée en celle de l'exil : MM. Amy, avocaJt, géra/rU et rédacteur en chef de VŒU du Peuple; Fayard, pharmacien; Becquet, capitaine d infanterie; Savariau, propriétaire; Arsène Hayes, cordonnier; etc.
Exilés : trois médecins : MM. Eouhier ; Ledain ; Ginestet, rédactewr de VŒU du Feaple,
Deux avocats : MM. Sauzeau (Alix) ; de Jimiat; plus
Quatre propriétaires: MM. Martin (Léon); AUard; AlkiTi ; Maichain (Joseph) ; Enfin, MM. F. Taféry, cowpositeur d'imprimerie et rédacteur de VŒU du Peuple; Charles Boisson, négociant; Chaumier, lieutenant d'artillerie de la garde nationale, ex-juge consulaire; Fayette, commamdant de la ga/rde nationale de Mauzé ; Saillant, employé des ponts et chaussées; Constant, mmrchamd; etc. Encore ne parlons-nous là ni des internés, ni de ceux mis en surveillance.
Lot-et-Garonne. — Yoici les qualités de plusieurs
372 LES CRIMES DU DEUX DlÊCEMBRE.
condamnés aux diverses peines dans un seul arrondissement de ce département, celui de Villeneuve :
Douze propriétaires : MM. Deytier fils, à Monflanquin ; Gralban, à Villeneuve ; Barbes père et fils, à Villeneuve ; Pellegry, à Sainte-Livrade ; Brondeau, maire de Villeneuve; Caries, à Villeneuve ; Fillol, à Sainte-Livrade ; Rives , à Villeneuve ; Lacombe, conseiller municipal à Villeneuve, chef de bataillon en retraite; Phillips, ingêniem' des ponts et chav>ssées, possesseur d^une fortune territoriale d!un inillion cinq cent nvUlefra/ncs; Dubruel, a^ent de cluinge, président du tribunal de com^merce, conseiUer-général, ancien r^résentant;
Cinq négociants et ma/rcliands : MM. Laborde, à Villeneuve ; Burlau, à Villeneuve ; Creté, à Sainte- Livrade; Mouillerat aine, à Villeréal; Mouillerat jeune, à Villeréal ;
Deux lionmies de lettres : MM. Lami Serret, gêrcunt du journal le Républicain; Foumier;
Deux histituteurs : MM. Ali, à Noaillan ; Lapergne, chef d'institution à Villeneuve ;
Un médecin : M. Domergues, à Monflanquin ;
Un avocat : M. Faure, à Villeneuve ;
Un huissier : M. Pouzet, à Villeneuve ;
Un clerc d'avorté : M. Boé ;
Un peintre de portraits : M. Perrin ;
Un notaire : M. Singlande, à Sainte-Livrade.
On lit dans la Cronica de Guipu^scoa (Espagne) :
" La plus grande partie des Français qui se sont réfugiés dans notre province se compose de commerçants, d^industrids, d'ingénieurs civils des ponts et cliau^sées et des mines. Ces derniers ont déjà trouvé à s'occuper avantageusement. Ne serait-il pas possible d'employer avantageusement un fabricant de draps qui se trouve parmi les réfugiés et dont on fait les plus grands éloges?"
Parmi les bannis réfugiés en Espagne, on compte entre