‹ Histoire des crimes du deux décembreChapitre 3 sur 60 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

France sur les mille maux sortis du 2 Décembre. Nous voulons qu'après nous avoir lus, il n'y ait pas un homme " de bonne volonté'' qui ne demeure convaincu que jamais usurpation ne s'accomplit par des moyens plus lâches, plus sanguinaires, plus odieux, que jamais conquérants plus cruels ne mirent le talon sur un peuple subjugué.

La terreur, sous le régime des sauveurs de la société, est telle que personne n'ose plus parler en France. Chacun redoute la prison ou la transportation. Aussi, malgré notre soin scrupuleux à ne produire que des faits irréfutables, il en est pour lesquels nous ne pouvons apporter le nom des témoins. Nous les publions sous notre autorité, nous en prenons toute la responsabilité.

Les décembriseurs ont accumulé sur la résistance qu'a renôontrée leur criminelle entreprise les plus noires calomnies. Républicain, socialiste, nous nous sommes attaché à venger les républicains, les socialistes des accusations de jacquerie portées contre eux. C'est en partie dans ce but que fut conçu le projet de notre ouvrage.

Ce livre est im livre de bonne foi On y trouvera des faits authentiques, irrécusables, prouvés, à la honte étemelle de nos diffamateurs.

Quelle que soit l'insuffisance de l'auteur, la voix toute puissante de la vérité parlera, et " les méchants qui font trembler les bons" seront cloués au pilori de l'histoire.

En achevant cette première partie de la tâche que

PR]éFACE. vii

nous nous sommes imposée, nous sentons en nous le besoin de rendre hommage à la grandeur des institutions anglaises sur la liberté individuelle.

Expulsé de la Belgique uniquement à titre de proscrit par un ministère lâche et indigne du peuple belge, nous n^eussions pu faire ce livre sans la faculté dont jouit ici tout citoyen du monde de vivre en paix et d'y publier sa pensée.

Dans ces tristes jours où l'humanité rétrograde un moment, l'Angleterre, seule restée libre, accueille depuis l'esdave fugitif des Etats-Unis jusqu'aux représentants du Peuple français. Elle protège les hommes du devoir contre les persécutions de toutes les tyrannies, et elle le fait noblement, sans condition, sasns demander où ils vont ni d'où ils viennent, sans leur appliquer d'autres lois que celles qui régissent ses propres enfants.

Nous voudrions que notre voix fût de celles que le monde écoute, pour témoigner, devant la postérité, du beau rôle que joue à cette heure la Grande-Bretagne devenue la terre d'asile des deux hémisphères.

Gloire et merci à vous, nation anglaise, pour la généreuse hospitalité que vous accordez aux vaincus dans la lutte universelle de la démocratie contre l'absolutisme, de la lumière contre l'obscurité, de la liberté contre l'esclavage, du bien contre le mal.

Londres, 10 août 1852.

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