‹ Histoire des crimes du deux décembreChapitre 31 sur 60 · III · texte numérisé non relu

III

Depuis le 2 décembre, on n'a cessé d'arrêter, l'on arrête encore tous les jours des démagogues de cette espèce. Ainsi se sont vus jeter en prison, à Reims, M. Bressy, médecin; à Epemay, M. Paris, avoîié et M. Teulin, bcmquier, riche de 25,000 francs de rentes; à Loursy, M. Rocheton, notaire et Tnembre du conseil d arrondissement; à la Charité-sur-Loire, M. Bitard, entrepreneur, riche de plus de 150,000 francs et M. Massé ancien notaire, grand propriétaire; à Honfleur, M. DreuU qui possède unefortune de ÔOfiOO/rancs de rentes; à Saint- Wa (Nord), M. Desmoutiers, propriétaire et bra^sseur; à Bracy (Nord), M. Bourse, ancien maire, propriétaire et cultivateur sucrier; à Fresnet-sur-rEscaut,M. Boyer, médecin; à Avesnes, M. Guillemin, membre du barreau; à Avallon, M. Odoul, ancien prix dHwwneur de V Université et traducteur d'Héloise et Abeilard; à Bunus (Pyrénées-Orientales), M. Dindabaru, propriétaire et ancien membre du conseil-général; à Puy-Cousin, M. Chapeyron, propriétaire; à Briare, M. Dupin, commandant de la garde nationale.

On écrit de Bordeaux : " M. Causit, médecin à Castillon et son frère, médecin à Saint-Philippe, prévenus d'avoir fait partie d'une société secrète, viennent d'être l'objet d'un

(1 ) Nos réfugiés ont été accueillis en Espagne avec une grande sympathie. Le gouvernement n'en repousse aucun. Ceux auxquels il demande caution pour leur permettre de résider dans les grandes villes ne manquent jamais de trouver quelque riche habitant empressé de leur servir de garant. Nous reconnaissons bien à ces traits la générosité naturelle au noble caractère espagnol.

mandat d'arrêt. Le citoyen Audouard, maire de Reqnista, révoqué à la suite des événements de Décembre, vient aussi d'être arrêté et écroué dans les prisons de Rodez."

On lit dans l' Union mcdouine :

" MM. Geisdœrfer, brasseur et négocicmt en vins, Jjeroy chapelier, viennent d'être arrêtés et écroués à la Maison d'arrêt de Dinan. On les accuse, nous assure-t-on, d'être affiliés aux sociétés secrètes,"

Trois habitants de Saint-Omer viennent d'être arrêtés;, en vertu d'ordres supérieurs, et conduits à la Maison d'arrêt oii ils sont au secret. Ce sont MM. Pierret, négociant, an-cien membre deV Assemblée coTistituaMe ; Duméril,yà6rîcan< de pipes, membre de la Oha/mbre de commerce; et Groiurdon, distiUa^teur, juge au même tribunal,

Nous lisons dans le Journal de Lot-et-Garonne du 11 décembre : " Pau, 9 décembre. Le nombre des personnes *' arrêtées est de sept. Ce sont MM. Danton, homme de ^'lettres; Lamaignère, jeune, a/vocat; Min vielle, notaire; 'Min vielle, jeune; Daugas, notaire; Claverie, officier en "non activité; Labarrère, aubergiste.^

Le même journal du 13 dit : " Déjà de nombreuses arres- " tations ont été opérées (à Auch). On cite notamment "MM. Arexi, journaliste; Gastineau, rédacteur de VAmi " du Peuple; Cauteloup, avocat; et Zeppenfeld, scidpteur, "

U Impartial de la Meurthe, du 3 janvier, annonce, entre autres arrestations qui ont eu lieu à Chambrey, celle de M. Constant M..., conseiller municipal, pour avoir dit que le Président de la République avait violé la Constitution.

M. Aubron, officier de santé à Château-Renard, ex-maire de cette ville, a été arrêté le 20 janvier.

On écrit de Romans, le 1" février : " Dans la nuit du 24 au 25 janvier la gendarmerie de Saint-Donat a arrêté, à Montrigaux, M. B.. ., maire de Cha/oannes^

Une nouvelle arrestation politique vient d'avoir lieu le 2 février à Sorges. C'est celle de M. Grandchamp, pro^ priétaire aux Réjoux, commune de Mayac.

luéSISTANCE PAB LA BOURGEOISIE. 375

Dans la matinée du 16 mars, trois nouvelles arrestations ont été opérées à Bagnères : celles de MM. Dubany, a/vocoit, eX'ConstUucmt ; Bmzaud, médecin; et Desplats aîné.

On écrit de Reims: "Hier, 18 mars, ont été arrêtés M. Mennesson, membre du conseil-général, mmre de Reims après Février 1848; M. Maldan, m^édecin, aussi cmcien Wjemhre de V administration jyrovisoire; M. Bienfait, médecin; M. Hanrot fils, médecin; et M. Lejeune fils, cmcien professewr au Lycée de Reims." {Moniteur du 20 mars 1852.)

" Quelques nouvelles arrestations viennent d'avoir lieu à Paris, spécialement dans le faubourg Saint- Antoine, entre autres celle de M. Lebâtard, ancien lieutenomt-^olonel de la 8® légion,^^ {Indépendomce belge, avril 1852.)

Quand sera assouvie cette soif de persécutions aussi stupides qu'odieuses î Kul ne le sait. Toujours est-il, on le voit, que ces perturbateurs du repos public, ces brigands et ces complices de brigands qu'il faut tous les jours metti-e sous les verroux pour mm/ntenir V ordre, avaient passé, jusqu'à cette heure, en raison de leur rôle dans la société, pour les plus intéressés au maintien de l'ordre.

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