ANNEXE
Notre crime, c'est d*être restés fidèles à nos convictions et de n'avoir pas déserté nos devoirs, alors que vous mentiez, votis, à votre serment et devant Dieu et devant les hommes ; notre crime, qui sera Torgueil de notre vie, est encore le même. Pourquoi donc notre sort serait-il diflPérentP
** En regardant du côté de la patrie esclave et tombée si bas dans l'opinion des peuples, je m'étais presque habitué à n'y regretter qu'une seule personne, ma vieille mère, et deux saintes choses, la liberté et l'honneur, qui, grâce à vous, n'ont plus droit de cité en France.
" Vous me condamnez aujourd'hui à subir votre générosité de contrebande, quand l'accès de la Patrie reste fermé à la plupart de mes amis, de mes anciens collègues! Ah! sachez-le bien, loin de vous en savoir gré, je vous maudis.
" Cette lettre, qui n'arrivera pas à Paris avant le 19 août, ne saurait nuire à aucune des victimes de la terreur bonapartiste : ma démarche spontanée, individuelle, ne peut, ne doit compromettre que moi seul.
" Avant de profiter de la faculté de rentrer dans mon pays, j'ai besoin d'interroger, de consTilter ma conscience et mon patriotisme. Et, dans tous les cas, il reste bien entendu que je ne dois rien à l'homme du 2 décembre, au grand coupable capable seulement de toutes les fourberies; rien, excepté tout mon mépris, et une haine implacable qui, je le jure, sera étemelle.
"Michel Eenaud, " Ex -représentant du peuple.
" Pampelune (Espagne), 15 août 1852."
Nota. — La lettre du citoyen Gousset, que nous avons citée page 196, est extraite de l'ouvrage du citoyen Xavier Durrieu : Le C<ywp d^Stat de Louis Bonaparte.
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Préface, v.
Inteoduction, 1.
$ I*'^ — L'opinion publique endormie sur le gnet-à-pcns, 19. — C'est une conspiration militaire, 20. — Si nous faisions des généraux 1 Mission en Algérie pour corrompre les généraux envieux, 21. — Choix particulier des troupes composant l'armée de Paris. Excitation à la haine de l'armée contre la population. Instructions de combat lues aux officiers de chaque régiment, 23. — Moyens préparatoires employés pour faire les arrestations, 24. — Complicité des commissaires de police, 25.
J II. — Arrestation de M. Greppo, 27. — Calomnies contre les victimes, 28. — Le général Lamoricière menacé du bâillon. Arrestation du général Bedeau, 30. — Les agents de police armés pour assassiner ceux qui résisteraient, 34. — Arrestation de M. Charras, 35 ; de M. Valentin, 38. — Les sergents-de- ville et les poHcemen, 40. — Arrestation de M. Nadand, 41. — M. Nadaud et M. Thiers au greffe, 43. — Le colonel Espinasse s'empare du palais législatif par trahison, 44. — Le 42* de ligne à Paris et à Boulogne, 46. — Arrestation de M. Baze, 46; du général Leflô, 47. — Noms des soixante-douze citoyens arrêtés en même temps que les représentants, 49.
$ III. — Les chefs et les généraux du parti de l'ordre enfermes dans des cellules de voleurs, 50. — Leur transfereroent à Ham dans les voitures cellulaires des galériens, 51. — Leur mise au secret pendant quatorze jours, 53. — La moindre correspondance, même avec la famille, interdite par les amis de la famille. Petites tortures, 54. — Madame Leflô, 55. — Le service fait par des condamnés, 56. — La liberté offerte en échange du déshonneur, 57. — Les prisonniers de Ham expulsés de France par M. Léopold Lchon, 58. — Violation de territoires étrangers. Note du colonel Charras au gouvernement belge, 59. — M. Baze et sa
famille CEÛsant partie de la suite d'un agent de police, 62. — Les transporteurs transportés. Les représentants gardés à Mazas an secret pendant quatorze jours, 63.
$ IV. — Deux cent cinquante membres de l'Assemblée arrêtés en masse et jetés an milieu des chcTaux dans une cour de caserne, 64. — Le son de poche. L'anniversaire d'Austerlitz et M. Montebello en voiture de galériens, 65. — Transfèrement des deux cent cinquante représentants au Mont-Valérien, à Mazas et à Yincennes. Grossierté des insurgés, 66. — Les légitimistes et les orléanistes mis en liberté. Nouvelle marque de la déloyauté des conspirateurs, 67* — Le maréchal Vaillant et le général Oudinot. Le régime des criminels appliqué aux représentants à Mazas, 68. — On libère les criminels pour faire place aux hommes politiques en prison. Concentration à Sainte- Pélagie des derniers représentants détenus. Ils y sont servis par des condamnés qui les espionnent, 69. — Comme Tarbitraire est facile en France, 70. — Pourquoi notre histoire n'est qu'une longue révolution depuis soixante ans, 71.