‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 153 sur 276 · LIVRE XIX- 3 u · texte numérisé non relu

LIVRE XIX- 3 u

larmes d’éloigner îles Musulmans la coupe du me- i j H-i/Jil pris et de l’allliclion (i).

La fortune semblait favoriser les armes des croisés. Une grande partie de l’armée otlomanc avait lui devant vingt-quatre mille soldats chrétiens;, rien ne résistait au courage impétueux du roi de Hongrie. Une foule de prélats et d’évêques , armés de cuirasses et d’épées , accompagnaient Ladislas et le conjuraient de diriger ses attaques vers le point où combattait encore Amurat, défendu par l’élite, de ses janissaires. Il n’écouta que trop leurs conseils imprudens, et s’étant jeté au milieu des ba-, taillons ennemis, il fut percé à-la-fois de mille lances, et tomba avec tous ceux qui avaient pu le suivre. Sa tête , portée au bout d’une pique et monlréeauxl longrois (2), répand la consternation dans leurs rangs. C’est en vain qu’Ilunuiades et les évêques cherchent à ranimer le courage des croisés en leur disant qu’ils 11e combattent point pour un roi de la terre, mais pour Jésus-Christ; toute l’armée chrétienne se débande et fuit en désordre, llunniades est entraîné lui-même : dix mille soldats de la croix perdirent la vie. Les Turcs firent

(1) On peut lire dans l’extrait de Coggia-efl'endi ( Bibliothèque des Croisades ) la prière que cet historien inet dans la bouche du sultan.

(2) Coggia-effendi raconte que la lête de ce malheureux prince fut mise dans du miel et envoyée à Brousse, où elle fut promenée en haut d’une pique au milieu de grandes démonstrations de joie.

3ia HISTOIRE DES CROISADES.

i444m453 un grand nombre de prisonniers. Le cardinal Julien périt dans le combat ou dans la fuite (1).

Après sa victoire , Amurat parcourut le champ de bataille ; et comme parmi les morts il ne voyait aucun des chrétiens qui eût la barbe grise, son visir lui dit que des hommes parvenus à l’âge de la raison , n’auraient point tenté une entreprise aussi téméraire (2). Ces paroles n’étaient qu’une flatterie adressée au sultan ; mais elles pouvaient néanmoins servir à caractériser une guerre où les chefs des armées chrétiennes obéirent bien plus aux passions imprudentes de la jeunesse qu’à l’expérience de

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