‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 175 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

ver la république chrétienne d’une prochaine des- 1 tniclion.

Æneas - Sylvius écrivit au souverain pontife , et s’efforça de réveiller son zèle , en lui disant que la perte de Constantinople flétrirait éternellement son nom , s’il ne faisait tous ses efforts pour abattre la puissance des Turcs. Le pieux orateur se rendit à Rome, et prêcha la croisade dans un consistoire (i); pour montrer la nécessité d’une guerre sainte, il cita tour-à-tour devant le pape et les cardinaux, l’autorité des philosophes grecs et celle des pères de l’Église. 11 déplora la servitude de Jérusalem , berceau du christianisme , la servitude de la Grèce , mère des sciences et des arts. Æneas célébra le courage héroïque des Allemands, le noble dévouement des Français , le généreux orgueil des Espagnols, l’amour de la gloire qui animait les peuples de l’Italie. Le roi de Hongrie, dont le royaume était menacé par Mahomet II , assistait à cette assemblée. L’orateur de la croisade, montrant ce prince au souverain pontife et aux prélats , les conjura de prendre pitié de ses larmes.

Frédéric III, empereur d’Allemagne, avait en

(1) On trouve dans le tom. n de la Collection des historiens allemands de Struve , le discours qu’Æneas-Sylvius prononça dans le consistoire pour proposer, de la part de l’empereur Frédéric III, un passage général . (Yoycz-en l’extrait dans la Biblioth. des Croisades , tom. n, pag. ai.)

j453 même temps écrit (1) à Nicolas V, pour le conjurer de sauver la chrétienté. « Les paroles sorties de » la bouche de l’homme ne pouvaient donner une » id ée du malheur que venait d’éprouver l’Eglise » catholique, ni faire connaître toute la férocité » de ce peuple qui désolait la Grèce et mena- » çait l’Occident. » L’empereur invitait le pape à réunir contre cet ennemi formidable toutes les puissances chrétiennes, annonçant qu’il allait luiméme convoquer les princes et les états de l’Allemagne. Le pape applaudit aux intentions de l’empereur , et ses légats furent envoyés aux diètes de Ratisbonne et de Francfort. Æneas-Sylvius prêcha de nouveau la croisade (2) contre les Turcs dans ces deux assemblées. Le duc de Bourgogne, qui s’y était rendu , renouvela , en présence des princes et des états de l’empire , le serment qu’il avait fait à Dieu , à la Vierge , aux dames et au faisan.

Des députés hongrois vinrent annoncer que les rives du Danube et les frontières d’Allemagne allaient être envahies par les Turcs, si, de toutes parts, on ne se hâtait de prendre les armes. La diète arrêta qu’on enverrait contre les Turcs dix mille hommes de cavalerie et trente-deux mille

(1) La lettre de l’empereur Frédéric III est datée de l’année même de la prise de Constantinople.

(a) Le discours que prononça Æneas-Sylvius à la diète de Francfort se trouve dans le recueil de ses lettres , n°. i3i . (Voyez aussi l’historien Gobelin Persona. )

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