‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 177 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

Nicolas se borna à quelques exhortations adressées aux fidèles, et mourut (1) sans avoir aplani aucune des difficultés qui s’opposaient à l'entreprise d’une guerre sainte. Galixtc III , qui lui succéda , montra plus de zèle (a) , et, dès le commencement de son pontificat, il envoya des légats et des prédicateurs dans toute l’Europe , pour proclamer la croisade et lever des décimes. Une ambassade du pontife alla solliciter les rois de Perse et d’Arménie et le kan des Tartares de se réunir aux chrétiens d’üccident pour faire la guerre aux Turcs. Seize galères, construites avec le produit des décimes , se mirent en mer sous le commandement du patriarche d’Aquilée, et montrèrent le pavillon de saint Pierre dans l’archipel

(1) Le pape Nicolas V mourut le 24 avril i455. François Pilèphe, dans une lettre adressée à Calixle III, parle de son prédécesseur , dont il loue la piété et surtout la munificence envers les lettres et les lettrés. Presque tous les historiens du temps font mention des cncouragcmcns que ce pontife donna aux sciences. Il enrichit, dit Jannotius Manettus, la bibliothèque pontificale de plus de cinq mille manuscrits.

(3) Le premier soin deCalixte, élevé au trône pontifical, fut de renouveler le vœu qu’il avait déjà fait , selon l’historien Platina, de réprimer la fureur des Turcs. Jean Coelæus, dans son Hist. des IIiiss. , liv. 11 , nous a conservé la formule de ce serment. Platina , Coclæus , Pilè-phe, Ænras- Sylvius, s’accordent à dire que Calixtc envoya dans toute l’Europe des prédicateurs pour exciter les peuples à la guerre contre les Turcs. Le diplôme qu’il adressa à ce sujet est daté de Saint-Pierre de Rome , aux ides de mai i/{55.

1 et sur les côtes de l’Ionie et de l’Asie mineure. Saint Àntonin (i) harangua le pape au nom de la ville de Florence , et lui promit le concours de toutes les puissances de la chrétienté , si Sa Sainteté ouvrait les trésors de l’Eglise, et si par ses exhortations évangéliques , elle appelait tous les ouvriers à la moisson. Calixte III s’adressa au chef de l’empire, qui ne lui épargnait point les conseils pour les affaires de la guerre sainte , et l’invita à donner l’exemple. Mais l’indolent Frédéric se contenta de renouveler ses promesses; et tandis que l’empereur exhortait ainsi le pontife à proclamer la croisade, que le pontife, de son côté, exhortait l’empereur à prendre les armes , les Ottomans pénétrèrent dans la Hongrie, et s’avancèrent contre Belgrade.

Celle ville, l’un des boulevards de l’Occident, ne recevait aucun secours de la chrétienté. 11 ne lui restait d’espérance que dans la valeur d’Hunniades et dans le zèle apostolique de Jean Capistran. L’un commandait les troupes des Hongrois, et les entraînait par son exemple; l’autre, qui, par scs prédications, avait rassemblé un grand nombre do croisés allemands , animait au combat les

(i) Le discours que saint Antonin prononça dans celte occasion nous a été conservé par lui-même dans sa chronique, liv. xxii, ch. 16; mais il a eu la modestie de cacher son nom. Nous savons qu’il est de lui par l’iiistoi icn Leander. De viris illust. ord. preed. , liv. ni, in Vitn S. Anton. L’annaliste Raynaldi l’a donné en entier, ad auu. i453 , Uos. 2i cl suiv.

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