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Lettre du duc de Saxe à V archevêque de Cologne (1).
Comme nous connaissons la grande part que vous prenez à notre élévation et à la prospérité de toute la chrétienté, non# faisons savoir à votre sagesse et à votre discrétion , qu’aymit été élu chef de toute l’armée parles princes de l’cmj^rc romain, par les barons du territoire de Jérusalem et par la voix de tout le peuple, nous avons, d’accord avec les princes et tous les officiers de l’armée, dirigé notre marche vers Bérite; et lorsque dans la nuit de Saint-Seve-
(1) Cette lettre sc lit dans Otton de S. Biaise, solis l'année 1 197.
rin , nous nous avancions en ordre et avec beaucoup de prd- . caution entre Tyr et Sidon, Saphadln, et tous les amiraux de Babylone et de Damas, à la tête d’une grande multitude de Sarrasins, se sont présentas à nous du flanc de la montagne; et aussitôt, environnant notre armée par derrière jusqu’à la mer, ils n’ont cessé de harceler nos bataillons par de vives et continuelles attaques. Enfin cette nation détestable réunissant toutes ses forces, et les rangeant en ordre, lésa dirigées contre nous. En effet, le dessein de ces peuples était de nous attaquer avec toutes leurs forces, afin d’éprouver quelles étaient véritablement les nôtres. Mais lé Dieu protecteur de ceux qui espè>rent en lui, qui préserve le faible du joug du puissant , a arraché ses faibles serviteurs des mains des impies, non sans un grand désastre pour ces der- • niers, car ils ont perdu le gouverneur de Sidon et beaucoup d’autres Sarrasins, qui, comme lui, sont demeurés sur la > place ; et, dès cè moment, ils n’ont plus osé nous attaquer; en sorte que, dès le jour même, nous avons eu l’avantage d’asseoir notre camp sur les bords du fleuve de Sidon. Et comme nos vaisseaux précédaient l’armée, les Sarrasins qui étaient dans le port de Bérite les voyant S’avancer , furent saisis de crainte , et abandonnèrent ce port , qui était très fortifié. Pour nous, le lendemain, en poursuivant l’armée ennemie, nous nous emparâmes, sans aucun obstacle, de ce lieu si propre à la résistance , et nous y trouvâmes une si grande quantité d’armes de toute espece, que vingt chariots étaient à peine sufllsans pour les transporter. Nous y trouvâmes également tant de vivres, qu’ils auraient pu' suffire à alimenter cinq cenXs hommes pendant plus délsept ans. Comme nous séjournâmes eq cet endroit pendant vingt jours, les autres Sarrasins, craignant notre arrivéejRbandonnèrent le château de Gibel, et un autre cliâleau très fortifié, dit le château de Liéche. Etant donc iustruits que tous les postes voisins de la mer. étaient, jusqu’à Antioche, an pouvoir des chrétiens, tournant aussitôt notre marche vers le territoire de Sidon, nous ravageâmes tout le pays qu’avaient occupé les Sarrasins. Ainsi, ayant, avec le secours
du Roi du ciel, chasse les Sarrasins, qui n’osent plus paraître, nous cspc'rons que dans peu nous pourrons prendre la cite sainte de Jérusalem; car les Sarrasins, apprenant que notre armée est forte et animc'e du même esprit, n’osent plus se montrer dans aucune occasion. Nous prions donc instamment votre révérence quelle veuille bien , tant pour notre prospérité que pour celle de toute la chrétienté, faire faire mémoire de nous par toute l’étendue de son archevêché, et engager tous ceux de cet archevêché qui ont pris le signe de la croix , à s’acquitter de leur vœu , et à marcher au secouvs de la chrétienté. Quant à ceux qui voudraient se fixer dans la Terre-Promise , nous leur assignerons des revenus sufiisans.