CONCILE DE NAPLOUSE
Tenu du t autorité de Guaramond, patriarche de Je'rusalem , pour réformer les mœurs des chrétiens de la Palestine, en présence de Baudouin , roi de Jérusalem , [an du Seigneur i lao, sous le pontificat de Calixte II. J
Voici comment Guillaume deTyr, liv. XII delà Guerre Sainte , chap. i3, rapporte aommairemeut la cause et les actes du concile.
I^a meme année, c’est-à-dire l’an iiao de l’incarnation du Verbe , le royaume de Jérusalem étant tou|nieQté h cause de ses péclk^s, de plusieun plaiM^ èt biiire les câVmités qui provenaient des ennemis',' une' multitude de sauterelles et de rats rongeurs détruisant les récoltes, au point qu’il était à craindre que l’on manquât tout-à-fait de pain, le seigneur Guaramond , patriarche de Jérusalem, homme religieux et craignant Dieu ; le roi Baudouin, les prélats des églises et les grands du royaume qui s’étaient rendus à Naplonsc, petite ville de Samarie, tinrent une ass'cmblée publique et une cour générale. Dans un sermon adressé nu peuple, il fut dit, quC comme il paraissait constant que • c’étaient les péchés du peuple qui avaient provoqué le Seigneur, il fallait délibérer en commun sur les moyens de se corriger et de réprimer les excès, afin que, revenant à une meilleure vie, et satisfaisant dignement pour les fautes remises, on se rendît favorable celui qui ne veut pas la mort du péchcür, mais plutôt qu’il se convertisse cl qu’il vive. ElTrayés donc par des signes mennçans du ciel , par de fre-
6i8 " ' 'pièces justificatives.
quens lremb\^TneDs de terre, par des défaites successives, par les angoisses de la famine, par les attaques perfides et quotidiennes des ennemis ; cherchant à ramener le Seigneur par des œuvres de piété, ils ont , pour relever et conserver la discipline des mœurs, décrété vingt-cinq articles qui ont force de loi. Si on veut les lire , on les trouvera facilement dans les archives de plusieurs églises.
Assistèrent à ce concile, Guaramond, patriarche de Jérusalem, le sage Baudouin, second roi des Latins; Eckmar, archevêque de Césarée; Bernard, évêque de Nazareth; l’çvêque de Liddes ; Gildou , abbé élu de Ste. -Marie de la vallée de Josaphat; Pierre, abbé du Mont-Thabor; Achard, prieur du Mont-Sion ; Payen , chancelier du roi ; Eustache Granier; Guillaume deBuret; Batisan, connétable de Jojipé, et plusieurs autres ^es deux ordres ; nous en avons oublié le nombre et les noms. ^
La Synode, dit Baronius vers la fin de ii2o, parvint à une telle réforme de mœurs, que , par la miséricorde de Dieu, l’année suivante, i lai , le chef des Turcs, revenant contre Antioche avec des forces consid^ahles , fut frappé d’apoplexie et mourut.
Chawtke 1er.
Comme il est nécessaire que les choses qui commencent par Dieu finissent en lui et par lui , dans l’intention de commencer ce saint concile et de le terminer par le Seigneur; moi, Baudouin, second roi des Latins à Jérusalem, ouvrant celte sainte assemblée par Dieu, je rends et j’accorde, ainsi que je l’ai ordonné, à la très sainte église de Jérusalem et au patriarche présent, Guaramond, de même qu’à ses successeurs, les décimes de tous mes revenus, autant que le comporte l’étendue de ce diocèse, c’est-à-dire les décimes de mes revenus de Jérusalem , de Naplouse et de Ptolémaïs , qui est encore appelée Accon. Elles sont les bienfaits de ma munificence royale, afin que le patriarche, chargé du soin de prier le Seigneur pour l’état, ait de quoi subsister. Et si un jour, par suite des progrès de la religion
chrtHîenne, lui, ou l’un de ses successeurs, sieiil à ordouner un évêque dans une de ces cités , il peut disposer des décimes tant pour le roi que pour l’église.
CuAPITRE II.
Moi, Baudouin, en présence des membres de ce concile, de l’agrément des personnages de l’assemblée et de mes barons , qiu feront de meme pour leurs décimes , suivant l’étendue de leurs ressorts ecclésiastiques, je restitue, comme je l’ai dit, les décimes; et , convenant avec eux de l’injustice avec laquelle eux et moi les avons retenues, j’en demande pardon. ^