II. PLAN DE PTOLÉMAÏS
EcheM à un dix-millième.
La ville de Ptolémaïs, appelée aussi Acca ou Acco par les historiens des croisades et les voyageurs du mt^eu âge, est peut-être la seule ville dont il nous soit resté uu plan original levé dans le treizième siècle. Ce plan , long-teui|Js conservé dans l’abbaye de Fleury, autrement appelée St.-BenoU-sur-Loire , paæa depuis, avec divers précieux manuscrits, de cette bibliothèque dans celle de Congars, qui le publia en i6i i, sans aucun changement, à la fin de son recueil intitulé : Gesta Dei per Francos. Il a été reproduit dans divers ouvrages, tels que le Sommaire dfs prit'iléges de tordre de St.-Jean de Jerusalem, par Naberat. Les cosmograplies allemands qui ont donné des recueils de plans de toutes les villes , l’ont enjolivé , en y êgurant en perspective l’élévation des bâtimens, d’après leur imagination. Enfin d’Anville en a donné, en lySH, une réduction, rectifiée d’après un plan moderne. Un autre plan, plus nouveau et plus complet, dont nous devons la communication à la complaisance de M. Paultre, a nécessité quelques nouvelles corrections à l’ancien plan de Bongars , et nous avons cru faire plaisir aux lecteurs en indiquant, par une ligne ponctuée , l’enceinte actuelle de la ville moderne, f qui n’occupe pas la moitié de la Ptolémms du temps des croisades. . : . .
§. III. environs de PTOLÉMAÏS.
Échelle à un cincj-cent-millième.
D’Anvillc a donné, en i y63 , une petite carte des envi-
itCLAIUClSSKMliNS. fii5
rons de Ptolémaïs , j)oui- sciTir à l’iiistoire de Saladin , par Marin. Ce morceau u’oIFre guère plus de détail que ce que fournit, pour la meme partie, la belle carte de Phénicie, du même auteur, dressée en l'jSa et publiée en iy8o. J’ai fait usage de l’une et de l’autre, en les rectifiant sur la carte de Syrie de M. Paultre, qui , bien que sur une plus petite échelle, donne cependant un détail plus circonstancié et plus vrai du figuré du terrain , l’auteur ayant fait sur les lieux mêmes un grand nombre de reconnaissances militaires. Je me contenterai d’en citer un exemple. Plusieurs auteurs de l’antiquité parlent du fleuve Belus, qui se perd dans la baie de Ptolémaïs : ce n’est 'a la vérité qu’un ruisseau, ou plutôt un torrent; mais il est célèbre, parce que le sable siliceux que ses bords fournissent en abondance, mis en fusion par hasard avec des masses de nati on, donna aux Phéniciens l'invention du verre, et, pendant plusieurs siècles, on crut que le sable vitrifiable ne se trouvait que sur les bords de ce torrent. La carte de d’Aiiville oflre deux ruisseaux entre la ville de Ptolémaïs et l’embouchure du Kison; l’un se jette dans la mer tout près des murs de la ville; l’autre, qu’il nomme Nahr-el-IIalou^ sort d’un lac ou marais, qui est le Palus Cendeuia des anciens. C’est à ce dernier que d’Anville donne le nom de Belus , et il paraît qu’il est , à cet égard , dans l’erreur; car Josèphe {de Bell. jud. , II, ii, 9) dit expressément % que l’embouchure du Belus n’est qu’à deux stades de Ptolémaïs; et Pline donne seulement comme un ouï-dire l'opinion que ce torrent sort du lac Cendevia : Ex eâ cre~ ilitur nasci Belus amnis {Ilist. Nat, , XXXVI, 26). La carte de M. Paultre résout pleinement cette difficulté, eu faisant voir que les deux ruisseaux, dont d’AnvUle a mal à propos sépré les embouchures , se réunissent et se rendent ensemble à la mer, à peu de distance de Ptolémaïs :
6ia ÉCLAIRCISSEMENS.
ainsi l’on n’a point d’erreur à craindre en leur donnant le
nom de Bêlas depuis leur réunion.
La petite ville de Cana , en Galilée , est célèbre dans l’Évangile par le miracle du changement de l'eau en vin^ et tous les pèlerins qui traversent rette contrée manquent rarement de la visiter et d’en parler dans leurs relations. Dans sa Palestine j publiée en 1767, d’Anville la place deux petites lieues au nord de Séfori ; cette position répond au Cafar>Cana de sa carte de Phénicie , dans laquelle Cana ^ se trouve beaucoup plus au nord , à six lieues E.-S.-E. de>w Tyr. Aucune de ces deux places n’est le Cana de l'Évangil^-i- * Celui qui est près de Tyr n’est qu'un petit vilia|^ tionné par Pocoke; mais celui des pèlerins, qui axomefrë' la tradition du miracle de l'Évangile, est au S.-£.' deSé' fori , dont il est éloigné de deux milles d’Allemagne , selon Breydenbach; plusieurs autres voyageurs décrivent sa position , et il est clairement indiqué dans la carte de M. Paultre, qui a visité lui-méme tout ce terrain. I.es diverses relations des voyageurs, judicieusement comparées et analysées par Busebing , dans la cinquième partie de sa éographie (i) , m’ont aussi fourni quelques détails.
(•) Tlambourg, 1781 ,, in-S". Cette partie n'a pas été traduite en fran^'ait.
FIN DES ÉCLAIRCISSBME.XS. .
N». 1er.