‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 163 sur 209 · LIVRE XXII. 35f · texte numérisé non relu

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patience des esprits, qui avaient armé l’Europe pour des croyances , et spiritualisé en quelque sorte la jtuerre elle-même, ne devaient-elles pas éveiller l’intelligence de l’homme, et mettre en action toutes ses facultés ! Commeut expliquer autrement cette multitude d’écoles qui s’élevèrent alors dans tous les royaumes de l’Occident, ces universitésdeParis , de Bologne , de Prague, d’Oxford , de Salamanque, dans lesquelles accoururent tout-à-coup plus d’étudians qu’on nen avait vu autrefois dans Athènes , en Egypte, et dans aucun pays du monde (i).

Ce fut d’abord pour l’enseignement de la théologie qu’on avait élevé les plus célèbres écoles -, mais comme on exigeait qu’un théologien connût la grammaire , la logique et la rhétorique , il eu résulta que toutes les études furent encouragées à-lafois. Les avantages accordés aux universités suffisent pour montrer combien les roisetlasociétéelle-mcme mettaient alors de prix aux progrès des lumières; les universités , fidèle expression d’un siècle avide desavoir et de liberté, étaient comme des cités littéraires, qui avaient leurs Chartres, leurs privilèges, et se trouvaient investies des mêmes droits queles communes : quelquefois même l’autorité des rois fléchit devant leurs prétentions , et leur indépendance alla jusqu’à l’impunité 'du désordre. Le roi d’Angleterre, Henri H , voulut prendre pour

(i) Expressions (le Guill.nime-lc-Brctou.

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arbitre , dans une affaire importante , la cour des pairs de France , le clergé gallican , ou les suppôts des écoles de Paris (i). Presque tous les monarques français , depuis Philippe-Auguste , n’avaient cessé de protéger l’université , le plus bel ornement de leur capitale et de leur royaume ; la protection de Louis IX se montra plus active et plus généreuse que celle de ses prédécesseurs. Nous laisserons parler l’iiistoire contemporaine. M Dans une sanglante querelle, dit Guillaume de » Nangis , qui s’éleva entre les bourgeois et les » clercs de l’université de Paris , ceux-ci quitlè- » rent la capitale, ce que voyant le roisaint Louis , » il fut grandement affligé que l’étude des lettres » et de la philosophie se retirât ainsi de son royau- » me. Le roi recommanda donc aux étudiaiis de » revenir, et lorsqu’ils revinrent , il leur fit donner )) unepleineeteulièresalisfaction parlesbourgeois , )) les comblant de toutes sortes de prévenances et de )) bontés. » Le chroniqueur applaudit à la générosité éclairée de Louis IX , et ne craint pas de dire que si le trésor de la sagesse eût été enlevé au royaume de France, le lis, emblème de la royauté, aurait beaucoup perdu de son éclat : « Car les M rois , ajoute-t-il , avaient coutume de porter )i une couronne de fleurs de lis peint à trois feuilles, » comme pour annoncer clairement que la foi , » la science et la chevalerie , brillaient plus dans

(i) Histoire littéraire de la France. Discours sur l'ciat des lettres au treizième siècle.

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