‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 2 sur 209 · ESPRIT DES CROISÉS · texte numérisé non relu

ESPRIT DES CROISÉS

Nous avons raconté les grands événemens des croisades , et tout le monde a pu croire que notre tâche était remplie ; si nos souvenirs nous ramènent encore aux siècles que nous venons de parcourir, on nous reprochera peut-être de nous arrêter trop long-temps aux mêmes tableaux , et de revenir sur un sujet épuisé. Nous ne cherchons point K éviter ce reproche , et nous souffrirons volontiers que l’on nous compare à ces voyageurs qui reviennent sans cesse sur ce qu’ils ont vu dans leurs courses lointaines. Le travail que nous nous* sommes imposé, et que nous avons suivi sans relâche , est devenu pour nous, nous devons l’avouer ici, comme une habitude do la vie, et

a mSTOlRE DLS CROISADES,

noire o.sprit a quelque peine à s’en détaclicr. En quiUanl les croisés avec lesquels nous avons vécu, et les vieux chroniqueurs qui nous ont servi de fluides, il nous semble que quelque chose de triste se mêle à la fin de nos travaux, et que nous nous séparons des objets d’une ancienne amitié. Nous croyons d’ailleurs que nous n’avons point assez montré les croisades avec leurs passions et leurs mœurs, leur gloire et leurs misères j il nous reste aussi à les faire connaître avec tout ce qu’elles ont produit de biens et de maux chez les générations contemporaines et dans la postérité.

La diversité des objets et des questions que nous avons à traiter , nous fait adopter une forme nouvelle dans notre travail ; et pour éviter la fatigue et l’ennui des transitions, nous diviserons nos derniers livres en chapitres. Dans une revue abrégée des croisades, nous ne prodiguerons ni les vaincs paroles , ni les réflexions inutiles j nous laisserons le plus souvent parler les fails , et parmi ces faits, on en trouvera un grand nombre qui n’ont pu trouver place dans notre Histoire, et qui serviront au moins à la compléter.

Nous avons souvent parlé de cet enthousiasme religieux et guerrier, de cette dévotion belliqueuse qui ébranla l’Occident. Nous parlerons ici des sentimens qui animaient la chrétienté^en présence des guerres saintes. 11 ne s’agissait pas de combattre pour les royaumes de la terre , mais pour le royaume du ciel J les croisades n’étaient point l’affairo

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