CHAPITRE X
DES APPROVISIONNEMENS ET DE l’eNTRETIEN DES ARMÉES CHRÉTIENUES DANS LES CROISADES.
C’est encore un point sur lequel l’Jiisloirc nous fournit peu de notions exactes et positives. Tous ces j»uerriers francs, qui ne restaient jamais plus de vingt ou de quarante jours sous les drapeaux des armc'es féodales, ne connaissaient guère les moj^ens de s’approvisionner pour des guerres lointaines qui duraient souvent plusieurs années. Chaque chef avait sans doute la pensée de s’approvisionner pour la route , mais tous ignoraient les difficultés des clicniins , les distances qu’ils avaient à parcourir, et cette ignorance même retenait trop souvent les croisés dans une sécurité malheureuse. Les troupes les mieux disciplinées pouvaient à peine atteindre Constantinople , sans éprouver les horreurs de la faim.
Après le siège de Nicéc, où les Grecs avaient fourni à tous leurs besoins , les croisés, traversant la Phrygie brûlée , n’avaient déjà plus d’autres ressources que les épis des moissons qu’ils trou-