CHAPITRE XV
CONTINUATION OU MÊME SUJET
Vers la fin des croisades, la diplomatie se ressentit de la discorde qui régnait à-la-fois parmi les chrélienset parmi lesMusulmans. Dansrexpédilion du roi de Navarre, on voit les princes croisés traiter, les uns avec le sultan du Caire , les autres avec le prince de Damas (i). Les pèlerins de l’Occident négociaient quelquefois avec les Sarrasins ou les Turcs, sans l’adhésion des chrétiens du pays, et souvent il arrivait que les chrétiens d’Orient terminaient une guerre sans en avertir les croisés. On sait combien il y avait dans la Terre-Sainte d’autorités difie'rentcs et de gouvernemens divers. Les Templiers et les Hospitaliers, les nations d’Europe établies dans les villes chrétiennes , tous entretenaient des relations pins ou moins directes avec les puissances musulmanes; tout le monde avait le pouvoir, sinon de conclure une trêve, au moins de la rompre. Aussi, les princes souverains de la Syrie et
(i) Coiiiinualion de Guillaume de Tyr, Coll, de Marlène ( Diblioth. des Crois, )