‹ Histoire des croisadesChapitre 141 sur 213 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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'A.SCF.NDAJJT Cl la l’iclipsse du clergé l’avaient placé à côté de la noblesse dans le système féodal ; mais il faut convenir que le rang qu’on lui avait donné dans cet ordre de choses répugnait à la fois à son caractère et à l’état de la société. Nous ne craignons pas de dire que le système féodal tendait à corrompre l’institution de l’ordre ecclésiastique, comme le clei-gé tendait à corrompre le système de la féodalité. Le clergé, élevé pour la paix, n’était pas propre à remplir les conditions du régime militaire; d'un autre côté, le régime militaire devait changer ou altérer les mœurs paciliqiies du clergé. 11 n’était pas rare de voir des prélats revêtus du casque et de la cuirasse ; quelquefois môme des prêtres de campagne conduisaient à la guerre le troupeau qu’une religion de paix leur avait confié. Cet esprit militaire dans les ecclésiastiques s’accrut encore par les croisades , ou leurs armes se trouvaient sanctifiées par l’objet de la guerre. Cependant le clergé ne devint jamais assez guerrier pour remplir tous les engagements féodaux, et l'on peut ajouter qu’il ne fut pas toujours assez pacifique pour remplir tous les devoirs religieux.

Ce qu’il y a de certain, c’est qu’à mesure que la féodalité fit des progrès, le clergé perdit quelque chose de sa régularité et de ses vieilles traditions. Les Francs, lorsqu’ils entrèrent dans l’Église, y portèrent leurs habitudes; et ces habitudes ne s’accordaient guère avec l’esprit du sacerdoce. Les barons et les princes invoquèrent quelquefois les armes spirituelles du clergé pour s’assurer l’obéis . sance de leurs sujets et de leurs vassaux ; d'un autre côté, le clergé invoquait aussi les armes des seigneurs pour la défense de scs droits, et nous voyons dans l’histoire que chaque parti qui venait au secours de l’autre finissait par vendre chèrement ses services. Ajoutez à cela

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