Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)
Notions générales sur les réjouissances populaires. — Principales fêtes en Egypte, en Chaldée. en Perse, en Phénicie, chez les Hébreux. — Réjouissances des Grecs : Panathénées, jeux olympiques...; le serment des combattants « sur le porc immolé » ; le pugilat et le pancrace. — Relation existant entre les divinités et les calendriers du paganisme. — Mois attiques ou romains, dédiés aux dieux. — Jours fastes, néfastes, semi-néfastes...— Fêtes pacifiques et jeux sanguinaires des Romains. — Fêtes du Gange et des Saintes Rivières chez les Indous. — Quelles étaient les immolations en l'honneur de la déesse Ganga? — Effroyables sacrifices à Poury: le char meurtrier de Vichnou. — Fêtes militaires du Goujerate. — Description des fêtes du Labourage et des Lanternes en Chine : cérémonies bizarres. — Le lièvre lunaire. — Solennités sacrées dans les familles annamites et chinoises : bonnet viril, épingle au chignon... — Le kia-pou et les autels domestiques. — Description des charisties : comment les âmes des aïeux y sont réputées présentes. — Fête du chameau chez les Persans. — Fêtes sauvages des anciens Mexicains : le dieu Vitzliputzli, offrandes de cœurs d'enfants. — Le jour des Purifications au Pérou, etc..
L'origine religieuse des fêtes populaires ne saurait être contestée : cela est vrai même pour les plus profanes qui, chez les païens comme chez les chrétiens, sont des réjouissances dégénérées, qui avaient été pieuses, au début.
En effet, hymnes, prières, holocaustes, figurations, processions et mystères, furent les premiers modes de démonstrations collectives dont toutes les sociétés ressentirent le besoin, pour rendre un culte public, mais austère, aux objets de leurs croyances. Bientôt le désir d'organiser des cérémonies intéressantes pour attirer des adeptes plus ou moins fervents, suggéra une mise en scène relativement luxueuse, et des divertissements susceptibles d'être goûtés même des moins zélés.
Les solennités religieuses furent donc accompagnées ou suivies d'amusements, servant à' intermèdes ou à1 accessoires, avec lesquels elles se confondirent souvent, et dont la licence fut poussée parfois jusqu'au scandale. La gaieté est en effet contagieuse, et quand elle est mise en commun, elle s'additionne facilement au point de dépasser toute mesure.
Ainsi s'expliquent certaines fêtes exclusivement profanes qui cependant, à l'origine, ont été empreintes d'un caractère sacré.
Dans nombre de religions païennes, fondées sur la terreur, c'est souvent même par des sacrifices sanglants, par des immolations humaines, que le peuple, comme nous le verrons, prétend apaiser un dieu farouche qu'il suppose toujours courroucé, et animé, à l'égard des pauvres mortels, des pires sentiments de vengeance et de colère.
La plupart des réjouissances, en Egypte, rappelaient un épisode de la vie des dieux, par exemple : la disparition, la recherche, la sépulture, la résurrection d'Osiris; le désespoir ou l'arrivée d'Isis... Aux fêtes de cette déesse, après les rites d'usage, les assistants, hommes ou femmes, se frappaient durement entre eux. Les Cariens établis en Egypte faisaient plus encore : ils se portaient au front des coups de couteau, en l'honneur d'une divinité... Quel était le sens de ces violences? Hérodote ne nous fixe point à cet égard : « Pour quel dieu ils se meurtrissent? ce serait de ma part une impiété d'oser le préciser. »
A certains jours, de toutes les parties de l'Egypte, une foule immense descendait par le Nil à Bubastis, chaque famille dans sa barque; les hommes jouaient de la flûte, les femmes agitaient des crécelles ou battaient des mains; tous dansaient en s'accompagnant de chants et de clameurs. Ils se rendaient aux sacrifices offerts à la déesse Pacht1.
Les illuminations de la journée dite des Lampes ardentes, à Sais notamment, avaient pour but de solenniser les offrandes destinées à la déesse Neith.
Qui ne connaît les fêtes du bœuf Apis, et celles appelées