‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 2 sur 323 · Mas Dunker, Les Égyptiens · texte numérisé non relu

Mas Dunker, Les Égyptiens

Niliaques, où l'on célébrait l'inondation bienfaisante du Nil déilié! Les prêtres disaient pouvoir sans danger, pendant sept jours, se baigner dans les eaux du fleuve, « grâce à la trêve des crocodiles », hôtes terribles des marécages égyptiens.

Les fêtes chaldéennes semblent avoir été l'occasion de prédictions astrologiques : le devin passait pour un intermédiaire inspiré, dont les tablettes d'argile annonçaient au peuple assemblé, des guerres, des pestes, des tempêtes, ou au contraire des événements heureux les intéressant; d'ordinaire elles proclamaient la nécessité de sacrifices expiatoires.

A côté de ces réunions sacrées, se voyaient des amusements populaires, tels que les Sacées babyloniennes où, dans des jours de folies, on rendait les honneurs souverains à des esclaves revêtus d'insignes royaux.

En déchiffrant des inscriptions cunéiformes, on a pu reconstituer la liste des douze mois [arakh) du calendrier assyro-babylonien. Or ce sont autant d'appellations de divinités : Nisanu, Airu, Sivanu, Duzu, Abu, Elulu, Tashritu, Arakhshamnu, Kisilivu, Thebitu, Shabatu et Adduru.

Les Hébreux ont emprunté ces noms aux Chaldéens, lors de la captivité de Babylone, comme nous-mêmes avons conservé ceux de Janus dans Janvier; des Fébruales1, dans Février; ou celui de Mars dans notre troisième mois, dédié jadis au dieu de la guerre.

Même à l'époque la plus scandaleuse de l'histoire de la Babylonie et de la Syrie, on retrouve le souci du culte : on taxait la corruption, et cet argent impur était attribué au service des temples, ou employé en offrandes.

Le calendrier des Perses, comme leurs solennités, était réglé d'après leurs croyances religieuses. L'année se composait de six saisons, appelées « gahanbars », du nom des fêtes ordonnées en l'honneur des six travaux de création du dieu Ormuzd. Les parties de l'année, et même les jours, se subdivisaient en périodes ou « gahs », ayant chacune comme protecteur un président céleste, auquel on adressait des prières. Point d'assemblée populaire qui n'eût pour but de rendre hommage à un génie.

1. Cérémonies expiatoires ainsi nommées du latin februarc (purifier).

Les familles se réunissaient dans des banquets, non pas tant pour faire bonne chère que pour accueillir les âmes des défunts (férouers), que l'on supposait venir visiter leurs proches aux jours appelés Farvadians : c'est à cette époque qu'on plantait des cyprès sur les tombes.

Comment oublier les fêtes sanguinaires de la Phénicie, et entre toutes, celles évoquées par le seul nom de Moloch, c'est-àdire Baal destructeur!

Suivant le témoignage des rabbins, la statue de Moloch était de bronze, se tenait sur un trône de même métal, et avait une tête de taureau surmontée d'une couronne; ses bras s'étendaient comme pour embrasser quelqu'un. Cette statue était creuse, et lorsqu'on voulait lui faire un sacrifice, on disposait à Tentour des charbons ardents, et Ton plaçait entre ses bras de feu de petits enfants qui étaient bientôt réduits en cendres. Pendant ce temps, une musique bruyante, composée de tambours et de cymbales, empêchait les parents d'entendre les cris déchirants des jeunes victimes.

Moïse dénonça ces pratiques odieuses et les interdit aux Hébreux « sous peine de mort contre quiconque livrerait sa progéniture à cette divinité féroce l » .

Le Deutéronome invite, au contraire, le peuple hébreu à se récréer pacifiquement en l'honneur du Seigneur, à lui présenter des offrandes, et il ajoute : « Conviez alors à vos festins descendants, serviteurs, lévites, et même l'étranger, l'orphelin ou la veuve qui demeurent avec vous ». Tous ceux qui vivaient sous le même toit devaient partager la joie du chef de famille.

Les fêtes des Hébreux avaient essentiellement un caractère religieux. Les trois plus grandes dates étaient : la Pâque, au quinzième jour du mois de nisan, solennité de sept jours, dans laquelle les Israélites mangeaient en famille Yagneau sans tache, dont la chair devait être grillée, et non cuite àFeau; la Pentecôte ou fête de la moisson, venant sept semaines après la Pâque, et qui prenait fin au coucher du soleil; enfin le jour des Tabernacles, qui se terminait par l'immolation d'un bouc, en expiation des péchés.

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