‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 114 sur 323 · Delille · texte numérisé non relu

Delille

2. Dans la mâchoire de la Naulette (Belgique), on n'avait pas d'abord trouvé d'apophyse et on en concluait que l'homme primitif n'avait pas l'usage de la parole : or, M. le Dr Topinard a parfaitement constaté, après lavage de l'os, l'existence d'apophyses.

LES A.NCÊTRES BT LE TRANSFORMISME. 215

les Dotions métaphysiques et morales échappaient aux intelligents grimaciers; toutefois il jugeait les singes « susceptibles de s'entretenir du temps qu'il fait, des incidents qui se produisent dans leur entourage, et des travers ou des ruses de leurs compagnons... »

Après avoir annoncé avec grand bruit qu'il partait, pour aller vivre pendant quelque temps dans les bois aimés des pithécoïdes velus, et se livrer à une étude minutieuse de leur vocabulaire, en restant au milieu d'eux, enfermé dans une cage protectrice, le professeur abandonna vite son eut reprise.

Quant à la constatation de certains cris correspondant, entre singes, à telles ou telles émotions actuelles, elle n'a en rien la valeur d'une découverte : les gloussements qu'on entend dans le poulailler, ou les aboiements dans le chenil ont aussi leur signification; mais de là à un langage véritable, capable d'exprimer des abstractions, il va un abime...

Et la parole articulée continue, et continuera à accentuer la lacune insondable et béante qui sépare l'être humain des espèces animales, corporellement les plus voisines de lui.

Considérations générales sur l'évolution et le transformisme.

Non seulement certains transformistes prétendent découvrir dans les ancêtres de l'humanité un type conjonctif, un animal préalable; mais, allant plus loin encore, il en est parmi eux qui essayent de remplacer Dieu par l'Evolution, se targuant d'expliquer les créatures sans une création, et les harmonies de l'univers sans un Ordonnateur (bien que Darwin lui-même ait cependant averti que telle n'était point du tout la conséquence obligée de son système renouvelé de Lamarck).

En effet, dans son livre de Y Origine des espèces, chap. il, p. 68, Darwin reconnaît « qu'à la question de l'existence d'un Dieu, créateur et directeur de l'univers, les /dus hautes intelligences ayant vécu, ont répondu affirmativement. » Et au dernier chapitre de son livre, Darwin parle encore, textuellement, « des lois imposées à la nature par le Créateur, et des puissances diverses attribuées par le Créateur à un petit nombre de formes » (p. 574,576 de la traduction). Il est donc faux que l'évolution conduise nécessairement à L'athéisme.

La théorie du naturaliste anglais qui admettait le changement d'espèces actuelles en autres espèces, est abandonnée par tous les savants à peu près, bien qu'elle ait joui d'une grande importance jusqu'en 1882, date de la mort de Darwin.

Pour le moment, c'est l'hypothèse de l'évolution à partir d'ancêtres communs, qui est en faveur.

Loin de nous, certes, la prétention de donner ici la raison dernière du grave problème du transformisme; mais du moins dans les pages suivantes (auxquelles nous avons consacré un grand effort de synthèse et un soin exceptionnel, à raison de leur extrême importance) nous croyons vraiment apporter au lecteur des explications satisfaisantes , dans lesquelles théologiens , philosophes et savants pourront trouver ce que nous appellerons une solution d'attente, susceptible de mettre d'accord les croyances religieuses avec les dernières données de la science.

Posons d'abord comme principe : qu'il faut se garder jalousement de donner, pour formule définitive, ce qui n'est encore qu'à l'état d'étude. Admettons cependant, par hypothèse pure, que l'homme puisse arriver à la vérité intégrale, sans que Dieu se soit réservé aucun mystère, et que le tradidit mundum dispntationi ne s'applique point à cet ordre d'idées; allons, si l'on veut, jusqu'à concéder qu'un jour viendra, où nous serons capables d'en savoir sur la création autant que le Créateur, les âges du tohou-bohou même n'ayant plus de secrets pour nous! et, ces concessions une fois faites (toujours pour les besoins de la discussion), posons loyalement le problème, en regardant en face les objections que l'évolution peut susciter.

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