Au cœur de l'Afrique
que c'étaient les restes de marins européens, qu'un équipage de naufragés avait mis en réserve comme nourriture1.
Il paraît que la chair de l'homme a un goût analogue à celui du très grossier animal qui se nourrit de glands. « Cette chair, dit un navigateur fort au courant de la vie des non-civilisés, n'est pas mauvaise, mais fade. J'ai connu un missionnaire qui en avait mangé, se figurant que c'était du porc, seule viande, d'ailleurs, qu'on pût trouver dans l'île... : les naturels ne lui ont avoué que longtemps après, le tour sinistre qu'ils lui avaient joué. »
« Lors de ma campagne en Océanie , nous écrit un ancien officier de marine, j'étais embarqué sur V Ariane, corvette de guerre envoyée dans la Micronésie et la Mélanésie, pour montrer notre pavillon aux sauvages chez lesquels nos missionnaires venaient s'établir. Nous venions de mouiller en rade de Saint-Christoval, une des îles Salomon, quand nous acquîmes la certitude que plusieurs de ces missionnaires s'étant aventurés sur les plateaux dominant la rade, y avaient été massacrés et dévorés. Nous organisâmes, pour venger ces malheureux, une expédition qui n'aboutit qu'à brûler quelques villages, et à tuer quelques indigènes dans les brousses... Plus tard, la corvette VAlcmène vint à Tahiti pour nous remplacer. Étant en relâche à la Nouvelle-Calédonie, le commandant envoya à terre deux embarcations commandées par les aspirants Devarenne et de Saint- Phalle, pour renouveler la provision d'eau. Les hommes et leurs officiers, sans méfiance, s'étant un peu éloignés de la plage, furent attaqués par les naturels; deux aspirants et quelques hommes furent assommés et mangés par ces sauvages. Les autres purent à grand'peine regagner leurs canots et pousser au large2. »
Les témoignages des navigateurs qui ont parcouru les îles de la Nouvelle-Poméranie , et ceux des commerçants qui ont fait le négoce avec les insulaires, permettent d'affirmer que, sauf pour l'île Rook située dans le voisinage de la Nouvelle- Guinée, l'an-