‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 221 sur 323 · Le R. P. Pa pétard · texte numérisé non relu

Le R. P. Pa pétard

que la polygamie n'étant pas permise par la religion du Christ, il ne pourrait être admis au baptême que lorsqu'il n'aurait plus qu'une seule femme. Quelque temps après le sauvage revint : « Père, dit-il, je n'ai plus qu'une femme, et me voici. — Bien, mon fils; et qu'avez-vous fait de l'autre? — Je l'ai mangée, Père, » reprit-il, sans se déconcerter. »

Dans quelques dialectes de la Polynésie, il n'y a qu'un seul mot pour signifier bon et bien, mauvais et mal. Aussi les missionnaires ont-ils eu beaucoup de peine à faire comprendre aux Calédoniens qu'il est coupable de manger son semblable. — « Je t'assure que c'est bon, » répondaient-ils un jour à un évêque, qui leur affirmait que c'était mal.

Il parait que lorsque les sauvages ont goûté une première fois à la chair humaine , ils en éprouvent par la suite un violent désir qui ressemble à un accès de frénésie; à cette pensée, leurs traits se contractent, leurs yeux étincellent, leurs lèvres s'agitent par un mâchonnement qui fait frémir.

« Me trouvant sur les bords du grand lac des Ours, écrit M. Em. Petitot, je fis connaissance d'un grand vieillard septuagénaire à la figure douce et aux manières timides : il s'appelait Kra-nda (les yeux de lièvre). Que l'on juge de mon étonnement, lorsqu'après son départ j'appris de ses compatriotes esclaves, qu'autrefois cet homme avait dévoré diverses personnes de sa famille, parmi lesquelles, deux de ses femmes, son beau-frère et ses enfants! A partir de son baptême Kra-nda fut pourtant corrigé de ce vice, et l'on n'eut jamais plus à lui reprocher de telles velléités. »

« Vers la même époque, ajoute Fauteur, je vis au fort Simpson, chef-lieu de l'immense district de Mackenzie, un autre Carnivore de ce genre qui en était à sa septième victime ! Cet individu, nommé Klo-bétra (le père de l'herbe), avait commis ses plus grands forfaits près du fort largement approvisionné; ce qui prouve bien que la nécessité n'est pas le seul mobile de l'anthropophagie... J'ai vu le ravin où le vieux mangeur d'hommes Klo-bétra eut le courage de déterrer sa propre femme pour s'en repaître. Ce fut son premier crime , six autres suivirent. Nouveau Saturne, il tua et dévora tous ses enfants, sauf le dernier qu'il ré-

servait probablement pour le cas de disette.,. Un jour dans un sentier de la foret, je rencontre un jeune homme qui tirait un traîneau contenant un mourant : c'était le fils de Klo-bétra qui

annulait à la mission Le vieux cannibale converti... Kn rentrant au Fort-Providence, je trouvai « le mangeur d'hommes » attendant la mort avec résignation, grâce à l'intervention des missionnaires; ce qui toutefois ne l'empêcha pas de me dire tout bas, en ge soulevant sur sa couche : « Petit fils! blancs mauvais, veulent pas que je guérisse. Oh! si avais petit morceau chair humaine à mettre sous uns dents, moi content! »

Dans aucune partie de l'Afrique, l'anthropophagie n'est aussi lai- «nient pratiquée que sur le territoire des Mombouttous, riche cependant en gibier. Ils considèrent les pays situés au sud-est, du côté du lac Albert-Nyanza, comme des terrains de chasse et de pillage où ils vont se fournir de bétail humain. Les corps de ceux qui succombent dans la lutte, sont immédiatement répartis entre les vainqueurs, puis découpés en aiguillettes, séchés et fumés pour servir de provisions de bouche. Réunis en bandes, ainsi que des troupeaux de moutons, les vaincus sont gardés comme butin, et mangés au fur et à mesure des besoins. Les enfants, à raison de leur chair plus délicate, sont réservés pour la table du roi. « Pendant mon séjour chez les Mombouttous, dit M. Schweinfurth1, le bruit courait que presque tous les matins on tuait un enfant pour la table du roi Mounza : les épouses royales faisaient, à tour de rôle, la cuisine de cet ogre africain. »

Le même voyageur surprit, en une autre circonstance, des hommes de cette région, occupés à échauder un corps humain, avant de le dépecer pour le mettre à la broche. Quelques jours après, marchant à l'aventure, il remarqua dans une autre case, un bras d'homme suspendu au-dessus du feu pour être boucané.

Sur le rivage de File des États, à la Terre de Feu, se dresse un phare entretenu par la République Argentine. En explorant File, les employés de ce phare trouvèrent une fois quatre barils, renfermant des êtres humains, dépecés et sales. On finit par apprendre

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