‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 224 sur 323 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

geait un père et un fils accusés d'avoir tué une fillette. L'enquète et les plaidoiries ont démontré que le jeune Saïfoutine, souffrant d'une maladie chronique, s'était adressé au prêtre musulman, qui lui avait conseillé de manger le cœur fumant d'un être humain. Aidé de son père il avait alors tué une jeune servante, et lui ayant retiré le cœur, s'en était nourri pour se guérir. Tous les deux ont été condamnés à douze ans de travaux forcés; et le médecin musulman, à la déportation1.

Continuellement des cas nouveaux viennent s'ajouter aux épisodes sanglants déjà connus. En décembre 189i, un télégramme de New- York2 était conçu en ces termes : « On apprend de San- Francisco que le capitaine, le propriétaire et le second du navire français Constantine, qui fait le commerce avec les Nouvelles- Hébrides, ont été assassinés par l'équipage, composé de Canaques : le capitaine a été cuit, et mangé à l'occasion dune réjouissance publique. »

Une lettre du sergent Bratières3, qui opéra contre Samory avec nos troupes du Soudan, donne d'attachants détails sur les anthropophages du Haut-Cavally : « Comme tout le monde, écrit-il, j'avais entendu parler des repas des cannibales, mais j'étais resté quelque peu incrédule, les coupables faisant très souvent la même réponse : « Ce n'est pas moi qui mangerais des hommes! cela ne se fait que plus loin dans la forêt! » Mais maintenant que j'ai vu, ajoute le sergent, le doute ne m'est plus permis... »

Il raconte alors qu'il a surpris la peuplade des Guerzès en train de mettre en morceaux des captifs. A celui-là on avait coupé un bras ; sur tel autre, on avait taillé un quartier de viande en pleine chair. « J'ai même vu , continue-t-il , un homme vivant à qui on avait arraché la joue, comme morceau de choix! »

Dans sa mémorable expédition, la mission Marchand fut témoin de plus d'une scène sauvage, de la part des Boudjos, qui n'hésitaient pas à aller repêcher pour s'en repaître des cadavres humains, venant de pirogues chavirées sur les bords de l'Oubanghi,

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