En
poupée figurant son fils, le duc de Beaujolais, dans les bras de sa nourrice, — un perroquet becquetant une cerise, — un petit nègre, et nombre d'objets divers qui auraient suffi à orner une étagère de salon.
Deux gravures de l'époque représentant les po ufs au sentiment contiennent les annonces suivantes ' : « On trouve chez MUe Quentin, rue de Cléry, des chapeaux poufs, en trophées militaires : les timbales et les étendards posés en avant sont d'un effet très agréable. »
Autre annonce : « Voir chez Mlle Fredin, modiste, rue de la Ferronnerie, des chapeaux ornés d'un vaisseau, avec tous ses agrès et apparaux, ayant ses canons et ses batteries... »
A la suite de réclamations multiples2 on dut prohiber dans les théâtres ces coiffures monumentales, dont un seul rang suffisait à intercepter à tous la vue de la scène.
Les bonnets, eux aussi, prirent selon leur forme des noms descriptifs : en gondole, en navette, en sentiments repliés...
Si bizarres que soient les appellations données à telle ou telle mode, on peut dire que la plupart ont une origine historique. C'est ainsi qu'au xvme siècle arrive de Sumatra3 un superbe rhinocéros, une nouveauté pour les Parisiens! « Aussitôt, raconte Diderot, les femmes le font passer de sa cage sur leur tête. Tout est à la rhinocéros! Il n'est pas de femme comme il faut qui n'ait sur elle trois ou quatre rhinocéros. »
Faut-il s'en étonner? Ne voyons-nous pas chez nous d'élégantes dames, portant en broche la miniature de leur charmant baby, dans un médaillon les cheveux de leur cher époux, et au poignet, fixé à un fin bracelet, la figure du plus grossier des animaux...?
Le petit pourceau « porte-bonheur » a remplacé le grand veau d'or, qui eut aussi ses fidèles.
En 1773 apparaît un météore, et avec lui les coiffures à la comète. Quelques années après4, aux vitrines des modistes se voient