Art
BABBAT, DIMANCHE, PETES BALLADOIRES. 111
Pour égayer la séance, il était Loisible d'y ajouter « la lecture des actes de naissance, de divorce et de décès enregistrés pendant la décade ».
.... Voilà des distractions qui du moins n'étaient pas de nature à enflammer les jeunes imaginations!
On ne saurait croire avec quelle rigueur la justice, sous le Directoire, appliqua la loi de l'an VI : A Chàlons1, sept fournisseurs furent condamnés pour avoir simplement, un décadi, laissé voir des marchandises étalées dans leur boutique près des croisées. Le "20 fructidor an VI, des marchands poursuivis pour avoir seulement entrebâillé leur porte, avaient été renvoyés par le Tribunal de police, « attendu qu'il était de notoriété publique qu'ils n'auraient pu voir clair chez eux s'ils n'avaient ouvert leurs contre-vents ». Malgré cela, le tribunal de Cassation (comme on le nommait) trouva la raison insuffisante et annula le jugement d'acquittement.
Des bouchers avaient tué des porcs et autres bêtes pour la consommation publique, le jour décadaire; le tribunal de Cassation mit à néant le jugement du tribunal de Police de Gerbevillers iMeurthe) qui les avait acquittés, cet acte ne rentrant point dans la vente tolérée pour les comestibles2. Même cassation d'un jugement du tribunal de Police de Troyes qui avait renvoyé indemne un charretier, inculpé d'avoir mené deux porcs à un boucher un jour de décadi3.
Dans le canton de Pouilly (Loiret), un paysan se souciant peu de la Décade , avait cru pouvoir se permettre de broyer du millet dans /' in té rieur de sa maison*. Dénoncé pour ce fait, il fut renvoyé par le tribunal de Police de Pouilly; mais le tribunal de Cassation déclara nul le jugement, « considérant que le bruit du moulin, bien que provenant d'un travail exécuté à l'intérieur, avait été entendu des passants, et que dès lors le travail devait être réputé fait dans un lieu public5 ».