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blicain ». Ordre fut également donné aux Commissaires du Directoire exécutif, de requérir les juges de paix d'avoir à régler leurs audiences sur la décade seule.
Mais on eut beau proclamer dans les décrets que les décadis étaient les seuls jours de repos pour la République; on eut beau faire remarquer aussi combien il était facile, dans les usages familiers, d'expliquer la demi-décade, « grâce aux cinq doigts de la main1 »..., le peuple restait quand même fidèle à ses traditions séculaires, et le dimanche conservait malgré tout une apparence de fête.
Craignant alors de voir tomber dans le mépris ses institutions, le gouvernement se laissa entraîner à prendre des mesures plus strictes encore : un nouvel Arrêté du 17 germinal prohiba les bals et les spectacles le dimanche; toutefois ces amusements étaient déclarés licites si, d'aventure, le dimanche coïncidait avec un décadi.
De plus, par la loi du 17 thermidor an VI, il fut ordonné de fermer les boutiques, magasins ou ateliers, le décadi, et défendu de travailler dans les lieux publics ; en cas de récidive dans la contravention, on risquait d'être condamné à 300 francs d'amende, et à une décade d'incarcération 2.
Cette manière de punir de la prison ceux qui voulaient travailler, est assez singulière de la part du législateur qui avait supprimé le repos dominical comme attentatoire à la liberté individuelle... Quoi qu'il en soit, le décadi manquait tout à fait de prestige ! Le peuple n'avait plus le droit de s'amuser le dimanche? il ne se décida point pour cela à célébrer le dixième jour. Alors parut la loi du 13 fructidor an Vï, destinée à embellir et rehausser l'éclat du décadi. Cette loi dispose qu'à l'avenir les Municipalités viendront audit jour sur la place publique, en costume officiel; qu'on amènera en cortège les instituteurs et les élèves des écoles et que, pour récréer le public, on lui donnera lecture du Bulletin des Lois et d'un article instructif, par exemple, « sur les arts mécaniques3 ».