‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 100 sur 285 · M. A. Bacqua · texte numérisé non relu

M. A. Bacqua

\ DIVINITÉ BT l.A PRIERB : RELIGIONS ACTUELLES, L87

L'instrument « prie pour eux ».

n lu jour, raconte le missionnaire précité, eu passant devant un tonneau bouddhique, nous aperçûmes deux Lamas qui se querellaient avec violence, et étaient sur le point d'en venir aux mains, le tout à cause d'une rivalité de ferveur. L'un d'eux, après avoir t'ait rouler la machine, rentrait paisiblement dans sa cellule. Ayant tourné la tète, il remarqua un de ses confrères qui arrêtait sans façon sa dévotion, et faisait usage du tonneau pour son propre compte. Indigné de cette pieuse tricherie, il revint promptement sur ses pas et mit au repos les prières de son concurrent. Longtemps, de part et d'autre, ils arrêtèrent ou firent aller le tonneau, sans proférer une seule parole. Mais leur patience étant à bout, ils commencèrent à s'injurier; des injures ils en vinrent aux menaces, et ils eussent lini par se battre sérieusement, si un vieux Lama, attiré par les cris, ne fût venu leur porter des paroles de paix, se constituer arbitre et mettre lui-même en action le tourniquet au profit des deux intéressés. »

Logique à sa manière, le naïf sectateur de Bouddha a trouvé le moyen de centupler sans fatigue ses dévotions en perfectionnant le procédé mécanique, c'est-à-dire en utilisant une série d'appareils.

Aussi les pagodes et les temples thibétains sont-ils souvent accompagnés d'un korra (enceinte à tourner), sorte de véranda, sous laquelle se voient de grands cylindres en bambou pivotant sur leur base, et couverts de caractères sanscrits ou thibétains reproduisant des prières. Entre ces cylindres, est ménagé un passage étroit, par lequel se succèdent un à un les fidèles qui répètent le plus vite qu'ils peuvent la formule sacrée : Om-manipadmé-om; en même temps, de la main droite, ils font mouvoir les moulins. Et peu importent les dispositions intérieures, pourvu que les tours soient faits bien exactement selon la rubrique2.

C'est en quoi les pratiques bouddhiques, auxquelles le corps seul en quelque sorte prend part, diffèrent de la prière chrétienne qui est, avant tout, un colloque divin, et non point un exercice

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