M. A. Bacqua
3. Ergo ne pietas sit vida cupidine rentris Parcite, vaticinor cognatas cxde nef and a Exturbare animas; nec sanguine sanguis alatur,
(Mëtamorph.)
<>t maints voyageurs ou missionnaires onl vu leur vie en péril, pour avoir maltraité un de ces grimaçants personnages placés 9ous La haute protection des Brahmanes. Très souvent, en effet, ces quadrumanes abusent de leur caractère inviolable, pour dévaliser impunément les boutiques de grains ou Les provisions Se comestibles à leur convenance.
On peu! voir au Musée Guimel un spécimen du « dieu-singe » à face rouge, Elanoumàn.
Selon Les Indianistes, rapporte le U. 1*. Béranger, missionnaire, la déesse i> >urga, l'un<; dos épouses du dieu Çiva, esl réputée la Patronne des singes , dont le temple est l'un des plus élégants de Bénarès. Il consiste en un quadrilatère, entouré d'une colonnade ouverte, qui domine un bel étang bordé de gradins de marbre. Au centre s'élève une gracieuse pyramide, couverte d'une infinité de tour. Iles aux sculptures les plus délicates, représentant la série des animaux chers à la mythologie hindoue. Ce qui donne un intérêt singulier à cette pagode, c'est qu'elle est comme le quartier général de tous les singes de Bénarès dont le nombre est Légion. Des centaines, des milliers de ces quadrumanes vivent dans le temple ou dans les environs, errant par les rues, grimpant sur les murs des jardins ou sur les terrasses des maisons, et taisant une excursion dans les vergers privés ou les marchés publics.
« Dans l'espoir d'une distribution de vivres, raconte M. E. Cotteau, ces animaux épient chaque voiture, chaque étranger qui se dirige vers la demeure de la déesse Dourga, leur protectrice. Aussi l«s voyons-nous gambader sur la route, nous regarder de leurs yeux clignotants et chassieux, et sembler faire appel à notre générosité. Alors moyennant quelques « annas », c'està-dire quelques sous de graines et de noix, nous assistons à un curieux spectacle : toute la tribu malfaisante, perchée sur les dômes et les clochetons, dégringole avec agilité; de vieux singes bon repus, déjeunes guenons portant leur petit dans leurs bras bondissent sur les escaliers, se livrent à des batailles épiques, et traduisent leurs impressions diverses par d'horribles contorsions et des cris perçants. »
En visitant liénarés, M. A. de Gériolles a pu se rendre compte
de ce qu'est le temple des singes, le Dourgha-Khound : « On n'y pénètre que les pieds nus comme dans un sanctuaire sacré. Là s'agitent en un immonde grouillement des êtres grimaçants... : ce sont des dieux1. »
A Muttra, près d'Agra, dans l'Hindoustan anglais, voici ce qu'un voyageur a constaté et a bien voulu nous certifier par écrit : « C'est peut-être la ville où le culte des singes est le plus en honneur. Sur une population de 80.000 habitants, on compte 8 à 10.000 singes qui vivent en liberté et sont l'objet du plus grand respect. Les Européens qui se permettraient de molester un de ces animaux seraient assommés par les indigènes 2. »
Croyant à la transmigration des âmes, le bouddhiste est certainement porté à penser que les anthropoïdes, plus encore que les autres animaux, doivent servir d'habitacle aux humains avec lesquels ils ont une certaine ressemblance physique.
Peut-être faut-il voir là le motif de la vénération dont on a entouré les singes dans ces régions.
Les mécaniques à prières sont d'un emploi continuel dans la Tartarie, la Chine, le Japon, l'Hindoustan et surtout le Thibet.
Donnons quelques détails à cet égard.
Près des temples et même le long des routes, se trouvent des moulins ou tourniquets cylindriques que les fidèles lancent de toute leur force; et, tant que l'appareil pivote sur lui-même, l'adorateur est réputé réciter la prière inscrite sur le moulin.
Celui qui prie le mieux n'est donc pas celui qui a l'esprit le plus recueilli, mais celui qui a le bras le plus vigoureux.
Dans les grandes lamaseries, on rencontre de distance en distance des machines de ce genre, affectant la forme de tonneaux mobiles autour d'un axe.
Ces mécaniques sont en carton très épais, sur lequel on a inscrit les prières les plus en vogue dans la contrée. Pendant que tourne le tonneau à prières, les dévots peuvent aller boire, manger ou dormir.