Il l'appelle « l'Esprit de Dieu
vingt-quatre ans, Mahomet entra au service d'une veuve, qui se livrait à l'entreprise lucrative des caravanes commerciales. Peu de temps après, il l'épousa : elle fut la première de ses onze femme$.
Dès l'âge de cinq ans et pendant toute sa vie, Mahomet fut soumis à de violentes crises nerveuses, qui, au dire de ses biographes, facilitèrent singulièrement le rôle surnaturel qu'il s'était attribué, et ses prétendues conversations avec l'ange Gabriel pendant deux ou trois années. Cette période d'inspiration, pendant laquelle l'Ange fut censé communiquer au Prophète un nombre incalculable de versets et de révélations, porte le nom de fatrah (intervalle).
Mahomet était-il sincère et pouvait-il croire à sa mission? Était-il un halluciné, ou au contraire un exploiteur de la crédulité publique quand il enseignait, et jurait par les étoiles, que l'archange Gabriel, comme un scribe docile, lui avait apporté une à une les feuilles du Coran1 écrites en arabe dans le ciel môme?
Pour Voltaire, point de doute : le Prophète arabe ne fut qu'un imposteur et un charlatan : son sentiment à cet égard est exprimé dans la si curieuse épitre qui accompagnait l'envoi de sa tragédie de Mahomet, dédiée par l'auteur au pape Benoît XIV.
Voici comment s'exprime Voltaire :
« Votre Sainteté voudra bien me pardonner la liberté que prend un des plus humbles mais des plus grands admirateurs de la vertu, de consacrer au Chef de la véritable religion un écrit contre le fondateur d'une religion fausse et barbare. A qui pourrais-je plus convenablement adresser la satire des erreurs d'un faux prophète, qu'au vicaire et à l'imitateur d'un Dieu de paix et de vérité? Que Votre Sainteté daigne permettre que je mette à ses pieds et le livre et Fauteur. J'ose lui demander sa protection pour l'un, et sa bénédiction pour l'autre. »
Qui reconnaîtrait Voltaire à ce langage
Renan porte sur Mahomet le même jugement que Voltaire : « Loin d'être un enthousiaste obsédé de visions divines, dit-il, loin de se faire illusion, Mahomet n'agissait qu'avec réflexion et politique; et ses inspirations venaient, non de l'ange Gabriel, mais de ses desseins prémédités et de ses passions. »
Les Mahométans croient à la chute d'Adam, à l'expiation
] . Ou plutôt Qoran.
terrestre, aux récompenses célestes ei à L'efficacité de La prière, qu'ils qualifienl du nom de « colonne de La religion » et de
clef du Paradis ». Cependant par une inconséquence el une contradiction singulières, ils professent en même temps la croyance fataliste à l'irré vocabilité de La destinée humaine : ce qui se concilie assez mal avec Les grâces célestes qu'ils attribuent à L'oraison.
Lorsqu'il se seni la conscience plus ou moins impure. Le fidèle doit faire précéder chaque prière d'une ablution (wuzùh totale ou partielle. Ainsi il se Lavera Le visage, la tète, les bras jusqu'aux coudes, ou les jambes jusqu'aux genoux, dans une eau aussi Limpide que possible : faute de mieux, le musulman se du sa h le fin...
Qui n'a entendu parler de certain député procédant, en plein l'a ris. sur les berges mêmes de la Seine, aux ablutions compliquées du culte islamique?
La récompense des pieux musulmans sera le Paradis de
>met, où chacun goûtera des joies très peu surnaturelles!
paradis tout matériel, tel qu'en peut souhaiter un joyeux viveur.
Il ne faut pas trop s'étonner que tel soit leur idéal, le Coran permettant au musulman d'avoir quatre femmes légitimes et, qui plus est, de divorcer facilement.
Les disciples du Coran ne doivent pas manger de porc ni boire de Liqueurs spiritueuses ; toutefois d'ingénieux commentateurs ont trouvé le moyen d'en excepter le Champagne et même la funeste absinthe qui, plus qu'aucun autre liquide, méritait pourtant la prohibition au nom de l'hygiène publique.
Dans Les pays où la foi musulmane domine, outre les oraisons rivées, il y a des prières publiques. Du haut des minarets, le muezzin chante, d'une voix puissante, l'appela la prière, Vazân^ dont les principales formules sont les suivantes :
« Dieu est grand !
<( Il n'y a qu'un Dieu :
Mahomet esl son apôtre.
« Venez ici pour prier, ■ Venez pour être sauvés!
« 11 n'y a point d'autre Dieu que Dieu. »
pri
Ne pouvant suivre l'histoire des transformations de l'Islamisme, ni celle de toutes les pratiques religieuses (din) admises, nous nous attacherons à faire connaître les rites de Tune des sectes les plus importantes : celle des musulmans Schyites !, dont un grand nomhre se retrouvent en Perse.
Nous puiserons nos documents aux sources absolument officielles, c'est-à-dire dans le Recueil de Lois publié à l'Imprimerie Nationale de Paris, sous la direction de M. Querry, consul : cette observation n'est point oiseuse, étant donnée l'originalité de certaines prescriptions, dont nous reproduirons la teneur exacte.
D'après le droit musulman 2, qui est tout ensemble le Code et la Bible des mahométans schyites, la prière est d'obligation dans ?ieufc&s : le jour et la nuit, — le vendredi, — les jours de fêtes, — pendant une éclipse, un tremblement de terre ou une perturbation analogue, — lors de la procession de la Mekke3, — pendant l'agonie, — en vertu de vœux faits...
Les prières quotidiennes obligatoires comprennent dix-sept oraisons, rokèt. Celles de surérogation, ou facultatives, sont au nombre de trente-quatre, que les dévots doivent partager ainsi : huit avant la prière de midi ; huit avant la prière de l'après-midi ; quatre après celle du coucher du soleil; deux après celle du soir, et onze pendant la nuit ; plus encore la prière complémentaire.
On devine que, même parmi les fervents, les omissions sont nombreuses; on peut même dire que la prescription ne saurait être obéie à raison de son exagération. Cependant en cas de voyage le nombre des prières est réduit.
Mais que faut-il entendre par midi?... par après-midi?
La précision et la minutie orientales vont se révéler dans les décisions suivantes, qui sont celles données parles légistes interprétateurs.
xMidi, d'après eux, dure depuis le moment où le soleil atteint le méridien, jusqu'à l'instant où l'ombre portée sur le sol donne aux personnes une longueur dépassant leur stature.