Ou la Mecque
Ainsi, quand la noire silhouette du burnous blanc, interceptant les payons d'or du soleil d'Allah, s'allonge sur le sable «lu déserl qui lui sert de fond argenté; quand L'ombre émaciée des dévots de Mahomel les dessine plus grands que nature, c'esi que L'instanl esl arrivé de commencer les oraisons de L'après-midi.
Toutefois quelques légistes scrupuleux, frappés de la différence qui pourrait exister, comme durée do prière, selon que le croyanl serait plus ou moins grand, recommandent, pour arriver à « l'unité légale de la prière », de fixer le terme de midi au moment précis où L'ombre, soit des objets, soit des personnes, atteint une Longueur de <]a<itrt< pas, ou du double de la hauteur vraie de L'objet.
D'autres prières sont déterminées et lim tées par le coucher du soleil. Cela parait simple? Non pas!
Dans leur foi timorée, les musulmans se torturent encore l'esprit pour savoir quand le soleil doit être réputé disparu. Est-ce quand le disque n'est plus visible à l'horizon...? quand dans le firmament toute rougeur s'est évanouie...? ou quand le contour des objets commence à se confondre avec le ciel?
De là d'interminables théories.
Par tolérance relative, il y a certaines immunités prévues : le voyageur, notamment, pourra devancer l'heure légale; il en est de même pour les jeunes gens qui, dit le texte, craindraient de s'endormir s'ils différaient de prier.
Supposons maintenant qu'un croyant commence l'une des trente-quatre prières dp surérogation, et s'aperçoive qu'il n'aura pas fini à temps, pour réciter la prière obligatoire dans le délai imparti... Que devra- t-il faire? Voici la réponse des « savants » : S'il a dit au moins une rokèt, ou verset, il abrégera la prière oblig< '■•■. de façon à rester dans les limites; mais s'il n'a pas dit une rokèt. il cessera tout de suite son oraison, pour s'appliquer à la prière d'obligation1.
Dans son désir de tout réglementer, le législateur va jusqu'à déclarer que si, d'aventure, un fidèle était frappé de folie à l'heure de la prière, il serait tenu de réparer l'omission dès qu'il aurait recouvré la liberté d'esprit.