Reverentiâ Matris Dei
SUE LES BUPERSTITION& 247
Une opinion drs pins répandues était que pins on portait de prénoms, plus on devait être heureux. Voici, par exemple, «eux qui furent donnes, en novembre 1 tiï)2 . au fils du duc de Bavière : Joseph, Ferdinand, Léopold, Antoine, Cayetan, Jean, Adam. Simon, Thadée, Ignace, Joachim H Gabriel.
Faire boire du vin à reniant après la cérémonie du baptême était, dans les campagnes, une vieille coutume relatée dans le Rituel de Périgueux de 1536.
On a soutenu que dans la primitive Église, il était admis que l'Eucharistie pouvait parfois suppléer au baptême. Ce qui a donné Lieu à cette fausse idée, c'est une lettre de saint Denys d'Alexandrie à ce sujet. Mais, en lisant Eusèbc, on constate que ce saint Patriarche signale seulement au pape « la question qui lui a été posée à cet égard, et sur laquelle il demande très humblement l'avis du chef de l'Église », selon les expressions mêmes de sa requête.
Plus nombreuses encore sont les superstitions relatives au mariage : bornons-nous à énumérer surtout celles qui étaient de tradition dans nos anciennes provinces.
— Voulait-on s'assurer la persévérante affection de son conjoint? On n'avait, disait-on, qu'à lui faire boire de l'eau dans laquelle avait trempé, un jour durant, un os tiré de la fosse d'un criminel..., ou à jeûner six vendredis de suite.
— Un mariage célébré le mercredi devait être nécessairement mauvais.
— Tonte union portant la date du mois de mai, amenait l'indigence.
— Deux mariages avaient-ils lien dans la môme église, le même jour? le premier seul pouvait être heureux.
— Pour fonder le bonheur des nouvelles mariées, on les faisait passer sur deux épées nues, formant croix de saint André.
— On arrivait au même résultat en mettant du sel dans sa poche, ou des sous marqués l, avant de se rendre à l'église pour faire bénir son union.
1. L'habitude si ordinaire dans le peuple de marquer les pièces de monnaie, se rattache à une idée .superstitieuse.
— Si des époux traversaient le cortège entre la croix et la bannière un jour de procession, ils comptaient recouvrer l'affection perdue au foyer.
— Un autre moyen vanté pour garantir la félicité à la jeune mariée, consistait à lui faire écraser d'un coup de pied un œuf, quand elle entrait au domicile conjugal; ou encore à lui lancer à, la tête une poignée de blé.
— L'épouse pensait se préserver des maladies, en jetant à terre l'anneau nuptial, juste au moment de la bénédiction du prêtre célébrant. Le Rituel d'Évreux de 1621 défend cette pratique qui se généralisait de plus en plus, et déclare excommunier ceux qui s'en rendraient coupables.
Dans les campagnes, encore de nos jours, nombre de femmes lors de la bénédiction nuptiale ne veulent pas laisser descendre l'anneau de mariage jusqu'à la base de leur doigt, dans la crainte de perdre toute indépendance.
— L'affection s'envolait-elle? Les habiles conseillaient de réciter le miserere à rebours, ou de prononcer trois fois les noms e\ prénoms des mariés : d'abord en formant un nœud à un ?nouc/ioir, puis en le serrant un peu, et enfin en le nouant solidement à la troisième invocation.
— Frotter de graisse de loup la porte du domicile des conjoints, selon l'ancienne coutume des Romains, était aussi une des absurdités en faveur pour attirer la fortune.
Au pays de Galles, pour voir celui qu'on épousera, dit M. le comte de Maricourt1, il y a une recette en crédit : « On coupe en deux un œuf, le premier pondu par une jeune poulette; on en vide la coque que l'on remplit à moitié avec du sel; la seconde moitié est garnie de farine. On bat dans un gobelet l'intérieur de l'œuf, auquel on ajoute le sel et la farine; et du tout on fait un petit gâteau dont une partie est enveloppée dans le bas du pied gauche, pendant que l'on mange l'autre morceau du gâteau. Enfin on se couche après avoir mis le bas sous V oreiller... : grâce à cette précaution, en rêve, on verra son fiancé. »
Et l'imagination, précieux auxiliaire pour la réussite de l'en-