Relat. de M. Bordeaux, in
On amène ensuite à la fiancée un jeune enfant; elle le prend tendrement, comme elle ferait de son propre fils, le tourne trois fois du levant au couchant en l'embrassant chaque fois, l'enveloppe d'une étoffe qu'elle portait sur son dos, et le rend à sa mère. Avant de pénétrer dans la demeure, elle en baise le seuil, et entre, le pied droit le premier. Sa belle-mère l'attend à la porte, et lui offre trois cuillerées de miel mêlées à du lard cru, ce qui doit lui assurer vigueur et santé.
Les Dacotas ont un moyen original de protéger les veuves, rapporte un missionnaire1 : quand la femme revient de l'enterrement, ses parents agitent au-dessus de sa tête des rameaux dans le but d'éloigner Y ombre de son mari qui pourrait la poursuivre et, par une jalousie posthume, l'empêcher de se remarier.
Quel que soit le pays que l'on observe, on n'aura que le choix des aberrations concernant le mariage. En multipliant les exemples, on n'arriverait qu'à se répéter.
Avant de clore ce paragraphe sur les superstitions relatives aux créatures humaines, répondons à une objection que l'on formule à propos du culte des saints.
La spécialité des faveurs attribuée à tel martyr ou à tel bienheureux est-elle de nature superstitieuse?
Une distinction est nécessaire.
D'abord ces attributions n'ont rien d'obligatoire ni de dogmatique : elles sont nées de la croyance populaire s'emparant de certaines particularités de la vie d'un saint, pour conclure à un patronage conforme. Quoi de plus naturel, au demeurant, que d'invoquer un saint Laurent contre les brûlures, un saint Pierre pour obtenir une pêche fructueuse? Quoi de plus logique encore que de voir les charpentiers prendre pour patron un saint Joseph, les bijoutiers un saint Éloi?
Ne choisit-on pas un habile industriel comme directeur d'une maison commerciale, ou un ancien amiral comme président d'une société maritime?
En tant qu'elles s'adressent aux personnalités glorieuses de