‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 276 sur 285 · Art · texte numérisé non relu

Art

.">. M. Pacbeco.

G. Act de Guillaume III. ch. xxxv.

Cependant, encore en mars 1882, eut lieu, en Angleterre un célèbre procès dans les conditions suivantes : Foote et Ramsay s'étaient associés pour éditer un journal « en vue de détruire par le sarcasme et le ridicule les superstitions en général, et celles du christianisme en particulier », selon les termes mêmes de l'annonce de ce libelle périodique, appelé The Freethincker, le Libre penseur, ou l'Esprit fort. Poursuivis devant la Cour criminelle les journalistes furent condamnés, Foote à un an et Ramsay à neuf mois de prison, tous deux avec travail forcé l.

Aux blasphèmes que l'homme du peuple de tous les pays profère (plutôt encore par grossièreté que par impie !é voulue), les ihéologïens rattachent les critiques, les proteslations des hommes du monde qui, pour s'exprimer en des termes choisis et même littéraires, n'en prononcent pas moins des paroles ayant un caractère injurieux et blasphématoire.

L'inégale répartition des biens ici-bas; la disproportion indéniable qui se rencontre souvent, entre les vertus des hommes et leur félicité terrestre ou inversement, servent surtout de prétexte opportun à ces blâmes qui s'adressent à la Justice divine.

Les arguments employés en pareil cas sont si spécieux, qu'ils méritent une réfutation à part.

Un seul exemple suffira à montrer combien sont téméraires, ceux qui osent s'ériger en juges clairvoyants des mérites ou des fautes d' autrui.

Mettons si l'on veut en parallèle : d'une part, un saint Vincent de Paul consacrant sa vie entière à faire le bien, mais commettant cependant, comme tout homme, des peccadilles; et d'autre part un grand coupable quelconque, faisant de temps à autre quelque bonne action.

Si, — comme l'enseigne la théologie — l'homme vertueux doit

1. La prévention a soutenu que le blasphème était régi à la fois par la Commonlaw et par l'ancien droit statutaire qui considérait le Christianisme comme faisant partie intégrante de la Constitution du pays. Dans un article qui donne idée de l'esprit du journal, « le Dieu que les Chrétiens adorent )) est comparé oc à un tigre de Bengale... » V. Bullet. Lég. comp., 1884, p. 627.

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