Duniont d'Urville
Les misionnaires chrétiens établis en Polynésie combattirent le tatouage, à cause des idées et des cérémonies païennes qui s'y associaient. « Aussi le Polynésien, pour annoncer la conversion d'un homme de sa tribu, emploie-t-il cette périphrase : « Il ne se tatoue plus. » Pourtant, de temps à autre, un grain de superstition aidant, la vieille coutume est plus forte que la foi nouvelle; et plusieurs des convertis dont les convictions sont un peu chancelantes, reviennent au missionnaire, tatoués de frais. Cela démontre que le sens propre du tatouage est religieux. Il est pour le Polynésien, en quelque sorte, « le signe et le gage de l'appartenance à la divinité1. »
On voit par tout ce qui précède que M . Réville , professeur au Collège de France, a eu raison d'écrire : « La prétention de ceux qui admettent l'existence de peuples dénués de toute espèce de religion a été régulièrement démentie, chaque fois qu'on a pu vérifier, avec quelque sûreté de méthode, les faits sur lesquels on les voulait fonder2. »
Dans son ouvrage, M. Lang3 écrit aussi : « Les légendes sacrées, si semblables entre elles et que l'on retrouve dans le inonde entier, ont leur raison d'être dans la structure intellectuelle de l'humanité. »
L'auteur de la Mythologie comparée, M. Girard de la Rialle, dit de son coté : « L'assertion qu'il existe des peuples sans religion, est absolument inexacte, nous pouvons le dire hautement. »
Le savant professeur devienne, M. Roskofï, émet un semblable jugement4...
Voilà certes des appréciations dont la théologie peut s'autoriser, à l'appui de l'enseignement d'une révélation primitive, puisque, même pour les positivistes résolus à nier toute intervention d'En-Haut, il est avéré que l'humanité possède un fonds commun de notions religieuses.
Donc, même au point de vue de l'ethnographie pure, et en