M?r de Harlez
M. Fr. Lenormant,. parlant des traditions babyloniennes relatives à la déchéance originelle, décrit un cylindre trouvé dans les fouilles de Ninive, et possédé par le Musée Britannique : on y voit représentés un homme et une femme, assis face à face, à côté d'un arbre aux longs rameaux, d'où pendent deux gros fruits que les personnages cherchent à cueillir avec les mains; derrière la femme se dresse un serpent i.
Pour MM. Lenormant, Rawlinson et autres, qui ont examiné le dessin, il y a là une représentation manifeste du récit génésiaque.
Si des traces de foi en l'unité divine, si des tendances spiritualistes indéniables peuvent être reconnues chez les premières nations du globe, aussi bien que dans les peuplades sauvages, il n'en est pas moins vrai qu'à une certaine époque le polythéisme et l'idolâtrie avaient fini par envahir l'humanité, au milieu de laquelle la religion d'Israël vint proclamer Iahvêh2 (Jéhovah), le vrai Dieu, immatériel et un, créateur et providence du monde, « celui enfin qui s'appelle : « Je suis » selon la belle qualification biblique 3.
Telle fut la grande mission du petit peuple hébreu, en dépit des assauts continuels de l'idolâtrie ambiante, et de la haine des pharaons superbes.
Plusieurs rationalistes ont contesté la croyance à un Dieu unique, chez les premiers Hébreux.
Cependant le monothéisme, l'adoration par le peuple juif d'un seul et même Dieu qu'il nomme le Dieu d'Abraham, le Dieu de ses Pères, est un fait acquis, malgré des apostasies temporaires, et des actes passagers d'idolâtrie4, sévèrement réprimés d'ailleurs; et, comme le dit un savant allemand, le Dr Ewald :