Idem, t. II. p
Bt le nom donné au Bouddha ; le Fù vivant, est le chef suprême de la religion.
s'agite de nouveau, et alors commence une psalmodie à deuxchœurs, sur un ton grave et mélodieux... A certains moments, les Lamas exécutent une musique étourdissante et confuse, faite de cloches, de cymbales, de tambourins, de conques marines, de trompettes et de sifflets. Chaque musicien joue avec une espèce de furie.
Plus le bruit est intense, plus la divinité doit être satisfaite.
D'après Mgr Pallegoix, parmi les prières fort en honneur chez les Bouddhistes, il en existe une intitulée Akan-sàm-sib-song et qui n'est autre chose que rénumération des « trente-deux parties du corps » , en vue de se rappeler l'instabilité du composé humain et sa désorganisation dans la mort inéluctable.
On croirait lire la table analytique d'un manuel médical1.
Deux particularités piquantes sont à signaler dans les religions qui nous occupent.
D'abord l'interdiction de détruire aucun animal, si petit soitil, conséquence naturelle de la croyance à la transmigration des âmes.
Secondement, l'usage des moulins à prières, fixes ou portatifs, destinés à remplacer dans l'oraison la parole et l'application de l'esprit.
En Orient, la doctrine de la transmigration est des plus répandues. Pareille conviction procède de deux idées judicieuses en dépit de l'étrangeté des conclusions qu'on en tire : d'une part, la croyance à la survivance de l'âme; et d'autre part, le sentiment de justice divine, qui veut que l'homme subisse après cette vie le châtiment de ses fautes, ou recueille, au contraire, la récompense de ses bonnes actions.
Aux Indes il est admis qu'à la mort, l'âme humaine qui a acquis des mérites, peut monter jusqu'à la divinité par gradations successives; ou, au contraire, descendre pour habiter le corps d'ani-
1. Selon les bouddhistes, les trente-deux éléments du corps sont : les cheveux, les poils, les ongles, les dents, la peau, la chair, les nerfs, les os, la moelle, la rate, le cœur, le foie, les poumons, l'estomac, le péritoine, les gros boyaux, le chyle, le suc gastrique, le fiel, les flegmes, le pus, le sang, la sueur, la graisse ferme, les larmes, la graisse liquide, la salive, la morve, les tendons, l'urine et la cervelle.
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maux d'un ordre plus ou moins inférieur, selon Les expiations qu'elle a méritées. Quand L'évolution est ascendante, grâce aux
Vertus pratiquées pendant la vie, on se trouve être dans la
bonne direction » sougati : tandis que la renaissance expiatoire en qualité (ranimai, de revenant prêta ou de damné, s'appelle la m mauvaise direction » douggati .
« On peut renaître aussi bien éléphant (pie ver de lerre, » écrit M. L. Feer l.
Ainsi dans un cheval battu, l'Indou peut voir un homme transformé, qui expie sous les harnais et le fouet ses fautes passées; dans un chameau, dans une brebis, se cache peut-être, penset-il , une pauvre femme qui répare dans cette existence terre à terre les imperfections de sa vie précédente.
.Mais quant aux êtres criminels et pervers, au lieu de devenir de nobles coursiers portant la tète haute et couchant sous un toit, au lieu de mener la vie paisible du bétail dans de frais pâturages et à l'ombre des arbres, ils seront soumis à un avatar2 aussi pénible que honteux et animeront, par exemple, le corps d'un scorpion repoussant ou d'un serpent venimeux : à moins qu'ils ne tombent dans l'un des huit enfers.
Les plus graves auteurs, les plus respectables missionnaires ont rapporté qu'étant données ces singulières croyances, de pieux enfants, pour faciliter la métempsycose, plaçaient dans la main de leurs parents moribonds une queue de vache, afin d'assurer la transmission heureuse qu'ils souhaitaient3.
En Tartarie. pareilles idées des lamas sur la transmigration, Leur font un devoir de respecter la vie des parasites les plus incommodes, « dans la crainte d'expulser une âme humaine qui pourrait y habiter ».
' baissons la parole à un témoin autorisé : « Accoutumés dès leur enfance à vivre au milieu de la pire malpropreté, les lamas finissent par n'y faire presque plus attention; seulement quand, à la longue, les bobs importuns se sont par trop multipliés sur leur