Grand Coutum., liv. IV, ch. v : De la haulte justice
la papauté était difficile ; et le tort de beaucoup est de confondre l'Église avec les « gens d'Église » , et les abus avec le droit.
Quand la « réparation par les armes » telle qu'elle se pratique actuellement remplaça le duel judiciaire, l'Église persévéra dans la prohibition de ces luttes meurtrières, et rappela sa doctrine en ces termes au Concile de Trente (1545) :
« L'usage détestable des duels qui perd les âmes et tue les corps, doit être entièrement aboli parmi les Chrétiens... Nous excommunierons tous ceux qui y figureront à un titre quelconque. »
Le 12 octobre 1869, dans une Bulle *, le pape Pie IX renouvela l'excommunication contre ceux qui provoquent au duel, l'acceptent ou le facilitent, et même contre ceux « qui viennent tout exprès pour y assister ».
Nous venons d'exposer d'une manière sincère et indépendante la vérité historique, nous faisant un devoir strict de la présenter dans son intégralité : une dernière conclusion reste à tirer de ce qui précède.
Chaque fois qu'un progrès est réalisé dans les institutions, le sentiment des contemporains est invariablement un immense étonnement qu'il ait fallu tant de temps et d'efforts pour aboutir.
Or, remarque un judicieux auteur2, supposons que dans un avenir plus ou moins éloigné, on crée des Jurys d'honneur ayant mission de trancher nombre de contestations privées, de la nature de celles qui appellent les duellistes sur le terrain3; supposons de plus qu'un tribunal international ayant mission de statuer sur les griefs entre les États, dispose d'une autorité telle (de par l'accord préalable des nations) qu'il puisse conjurer aussi ces horribles guerres de plus en plus meurtrières, et supprimer en partie les formidables armées permanentes...
Ceux qui existeraient à cette époque heureuse s'expliqueraientils qu'on ait tant tardé à réaliser un progrès si évident, si indé-