Décret. V, tit. 34 et
l'on généralisa bien vite. Ailleurs, dans la législation criminelle de la Flandre, aux xne et xine siècles; en Angleterre sous Guillaume II dit le Roux1 comme en Allemagne..., nous trouvons en pleine vigueur cette coutume barbare.
Les Papes n'en continuèrent pas moins à fulminer contre le duel. Rappelons, entre autres, les Ordonnances de Martin IV qui, non content de déléguer le cardinal Gaétan près de Charles d'Anjou pour le dissuader d'envoyer un cartel, s'adressa au roi d'Angleterre, le menaçant d'excommunication s'il acceptait la fonction qui lui avait été offerte comme juge du combat2.
Le concile de Palencia en Espagne, tenu en 1322 sous la présidence du légat du Saint-Siège, Guillaume, prononça l'excommunication ipso facto contre quiconque userait « de la purgation par le fer ou par l'eau, défendue par les canons3 ».
Le pape Jules II, en 1505, lança encore une nouvelle interdiction contre l'épreuve du duel4, etc..
On a voulu faire grief au clergé en général, de certains combats décisoires engagés sur les terres ecclésiastiques. Mais il y a lieu de remarquer que nombre d'abbés et d'évêques étaient également seigneurs; et qu'il faut distinguer entre les justices séculières des églises, et les tribunaux ecclésiastiques où la procédure canonique n'admit jamais le duel.
Ainsi, d'après le Grand Coutumier, « les dames chanoinesses de Saint-Merry avaient en leur auditoire (tribunal) deux champions combattants, pour signifiance qu'elles avaient haulte justice sur les terres de leur cloitre5 ». Ces champions eurent-ils lieu de se servir de leurs armes? nous l'ignorons : mais leur présence était réputée le meilleur moyen de défendre le temporel contre les entreprises des audacieux.
En tout cas, on voit par là combien l'œuvre de civilisation de
1 . Les Anglo-Saxons connaissaient les ordalies, mais le duel ne semble s'être introduit en Angleterre qu'avec le droit normand : l'Anglais pouvait défier en duel le Normand pour vol ou homicide.