COUTUMES ET CEREMONIES DU MARIAGE DEPUIS LES PREMIERS AGES
Le mariage en Egypte : curieuses formules de contrats. — Quelle était la capacité légale de l'Égyptienne. — La peine du nez coupé. — Les épouses assyriennes, il y a vingtcinq siècles : récentes découvertes. — La femme babylonienne : les olives de terre cuite.— La dot des filles laides. — Le mariage dans le droit mosaïque et d'après les rabbins : quels sont les soins domestiques exigés. — Les dix femmes de David Cohen et la loi talmudique. — L'épouse persane depuis Zoroastre; ce qu'on entend par « bail matrimonial ». — Du sort delà femme dans l'Hellade : sa vie au foyer. — La dot à l'époque homérique; opinion de Platon. — Textes divers de contrats de mariage grecs. — Détails d'un repas de noce en Grèce; l'épithalame. — De la répudiation du gendre par le beau-père. — Quels étaient les Grecs astreints au célibat. — Description des cérémonies du mariage à Rome : toilette, cadeaux, festins, sacrifices, corjège, chant nuptial... — Fonction des paranymphes et du « Camille ». — Les poupées de l'épouse et les jouets de l'époux. — Que signifiait la formule I. L. H. — Privilèges d'après le nombre d'enfants — Répudiation et divorce romains...
Envisagé comme institution sociale , le mariage est la preuve exacte et directe du degré de civilisation auquel un peuple se trouve placé, dans la hiérarchie humaine.
Ainsi le sauvage, lui, recherchera avant tout dans sa compagne les qualités de docilité, de vigueur et d'endurance qui en feront une esclave à la fois soumise et utile.
Dans les pays où, sans être précisément esclave, la femme occupe une situation très au-dessous de celle dont jouit l'homme , et vit dans une lamentable ignorance, la polygamie est admise : tels sont les musulmans.
Mais, arrivé au plus haut degré de civilisation, de culture et de délicatesse morale, l'homme voit dans l'épouse une per-
sonnalité pour ainsi dire égale à la sienne : aussi, mœurs et lois positives concourront-elles alors à faire de la femme la compagne unique du chef du foyer, conformément d'ailleurs aux prescriptions de la morale chrétienne.
Il existe des appréciations contradictoires en ce qui concerne l'état du mariage et de la femme dans l'ancienne Egypte : la diversité d'opinion a pour cause l'étude restreinte d'une classe sociale ou d'un seul nôme.
Mais l'ensemble des écrits, des peintures et des faits acquis, permet de dire que l'Égyptienne fut bien plus honorée que les autres femmes de l'Afrique, et même de l'Orient. Quand on avait une mère illustre, on s'en glorifiait en se désignant comme : fils d'une telle. Le fait est si intentionnel, que quand à une certaine époque un contrat était rédigé en deux langues (en écriture grecque et en langue hiéroglyphique par exemple), le premier acte indiquait la descendance paternelle du contractant, tandis que le second ne signalait que le nom maternel.
Sans être prêtresses elles-mêmes, les filles des prêtres égyptiens remplissaient certains offices dans les temples, en qualité de servantes d'Ammon-Ra, comme le montrent diverses stèles du Musée du Louvre. Une Égyptienne pouvait occuper le trône.
Dans la vie de famille comme dans la vie politique, la femme occupait une place respectée : le père, loin de se montrer despote à la manière du paterfamilias romain, était un tuteur armé seulement de droits protecteurs; et on en peut dire autant du mari qui donnait à l'épouse le titre de maîtresse de maison1.
Les peintures représentent les Égyptiennes richement parées de fleurs et de bijoux, occupant à table une place d'honneur au milieu des convives; d'autres dessins au contraire montrent souvent des hommes se livrant aux travaux domestiques aussi bien que les femmes : les uns traient les vaches , les autres font la cuisine. Et à en croire Sophocle2 et Hérodote3, pendant que les femmes égyptiennes faisaient du commerce, les hommes restaient à la maison, et s'occupaient à tisser la toile.
1. Le mot employé par les contrats du mariage est : ncb-t-pa.