Statuts de l'archevêque de Lyon en
peine avait-elle conduit son sixième époux à sa dernière demeure depuis une année, qu'elle songea à un septième mari pour se consoler de ses précédents veuvages; mais le Parlement lui en fit défense formelle « par raison d'honnêteté publique 1 ».
Bien des décisions ecclésiastiques condamnent les « farces», les décharges de mousqueterie, les concerts burlesques dont parents et amis accompagnaient souvent aussi les fiançailles.
Dans les provinces de l'Ouest ces manifestations tapageuses se produisaient même dans l'église, de sorte que leur interdiction fut prononcée par respect pour le lieu saint2.
Le Concile de Tours notamment, blâme les charivaris sous menace d'excommunication ; et il existe une Sentence de Police du Châtelet3, qui défend à tous bourgeois et habitants de Paris « d'exciter aucune émotion populaire pour faire des charivaris, à peine de 100 livres d'amende4 ».
On lit dans l'histoire du Bas-Empire la description d'une sorte de charivari célèbre qui eut lieu à Rome, sous le règne de Théodose, à l'occasion d'un mariage incroyable.
Un homme du peuple ayant déjà eu vingt femmes, en épousa une qui, elle-même, avait été mariée successivement à vingt-deux maris.
On attendait avec impatience l'issue de ce dernier mariage, pour savoir quel serait celui qui survivrait à l'autre. Enfin la femme mourut; et le mari, escorté par le peuple et acclamé comme un vainqueur, conduisit la pompe funèbre au milieu du vacarme d'une populace innombrable, comme s'il se fut agi d'une réjouissance nationale5.
La promenade des maris battus, était, en certaines parties de la France, l'objet d'une organisation régulière, si l'on s'en rapporte au Journal des Deux-Sèvres, daté de Niort 25 messidor an X.