‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 198 sur 296 · Dar., Ane. L. du Dan.., J. des Sav · texte numérisé non relu

Dar., Ane. L. du Dan.., J. des Sav

c'est-à-dire au temple; ils doivent être âgés d'au moins quinze ans. En général la femme norvégienne verse une dot à laquelle le mari ajoute un augment, environ la moitié. Si l'épouse est pauvre, c'est le mari qui la dote ou du moins est censé la doter, et cette libéralité est obligatoire comme étant de l'essence même du mariage. Ajoutons que cette somme est plutôt fictive, puisqu'elle peut n'être que de deux marcs seulement.

Autrefois, quand la future avait moins de quinze ans, on la mariait sans même lui demander son avis : elle n'avait qu'à se soumettre.

Le mari se permettait-il de battre sa femme? Il devait lui payer, à titre de compensation, une somme égale à celle qu'il aurait droit d'exiger si elle avait été maltraitée par un tiers. En sorte qu'une femme douce et résignée, mariée à un homme violent, pouvait ainsi se faire légalement des bénéfices qui devenaient sa propriété exclusive.

Toutefois la faculté laissée au mari de battre sa femme, sous peine d'amende seulement, n'était pas illimitée.

Les Coutumes déterminaient au bout de combien de fois l'épouse ainsi maltraitée avait droit de quitter la maison conjugale, en emportant ce qui lui appartenait, plus « ses petits profits d'épouse battue ».

A travers de multiples transformations, le mariage des Danois et des Norvégiens a conservé son caractère de contrat religieux, produisant des effets civils.

La femme contre laquelle le divorce pour inconduite a été prononcé, ne peut se remarier qu'après trois années; encore faut-il qu'elle ait mené une vie exemplaire pendant ce temps; et, même en ce cas, si le roi autorise une nouvelle union, la Danoise ne devra pas s'établir dans la paroisse où demeure son premier époux.

En vertu d'une vieille tradition suédoise passée dans les lois, le droit de marier sa fille était encore sous le code de 1734 considéré comme une sorte de propriété : il y a là un souvenir de l'époque où la fille était cédée comme un objet commercial quelconque.

Tout mariage devait être précédé d'une demande en règle faite au plus proche parent de la jeune fille, appelé giftoman: il existe un tableau légal déterminant la série des membres de la famille investis de ce droit, les uns à défaut des autres : le silence de la fille équivalait à un acquiescement. Si le futur était agréé, on procédait alors aux fiançailles1 en présence de quatre témoins.

Bien que la mère ne prenne pas de décision propre, néanmoins le Code2 porte qu'elle devra être consultée sur le projet d'union. Elle ne peut imposer son sentiment, mais son mari a « pour devoir » de lui demander avis.

Le giftoman avait l'obligation, en sa qualité de plus proche parent mâle, de doter la jeune fille qui sans cela n'eût rien apporté, les femmes n'ayant commencé à hériter qu'au xme siècle dans les régions de la Scandinavie.

Il n'est point de pays où les fiançailles aient conservé une importance plus grande qu'en Suède, où elles absorbent presque le mariage.

L'ancienne loi de Sutland induisait de certains faits notoires l'acquiescement au mariage, « par exemple quand une femme avait partagé le repas d'un individu, deux heures durant, et avait eu la libre disposition des clefs de la maison ».

Pareille intimité ou pareille confiance était une présomption suffisante de fiançailles, en cas de contestation.

Des lois récentes ont fait admettre en Suède le mariage civil pour ceux qui n'appartiennent pas à la religion luthérienne, et ont ainsi profondément modifié les vieilles coutumes.

Un mari est-il absent depuis plus de six ans? Sa femme peut se faire autoriser à se remarier. Et si le mari, en revenant, prouve que ce n'est point par sa faute qu'il n'a pas donné de ses nouvelles, il a le choix entre contracter un nouveau mariage ou reprendre sa femme.

Dans ce dernier cas, le second époux n'a plus qu'à se retirer, et à céder la place.

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