Code de Christophe
Pour les anciens Finnois l'usage était qu'aucun homme ne prît jamais femme dans la tribu à laquelle il appartenait; il devait s'adresser à un groupe étranger. Souvent il s'associait des compagnons d'armes pour aller s'emparer d'une jeune fille qui, ainsi ravie à sa famille, était considérée comme légitimement conquise.
Chez ces peuples comme chez les Scandinaves, le mariage était parfois un marché1, l'homme achetait l'épouse de son choix2.
La valeur vénale de la femme portait des noms spéciaux : olon, ou galon okoi; même usage, chez les Vogules, les Ostiaks, les Samoyèdes et les Lapons.
Suivant Castren, dans le nord de la Sibérie, une femme se payait, 20, 50 et même cent rennes.
Il n'était pas rare que le prétendant finlandais fût soumis à certaines épreuves dont il devait sortir vainqueur pour être définitivement agréé.
Elles lui étaient imposées soit par la mère, soit par la fille, et avaient pour but de sonder l'esprit et le caractère du jeune homme, tout en lui offrant l'occasion de déployer son courage, sa dextérité :
« Je ne donnerai point ma fille, dit la mère de Pohjola, à un garçon inutile, ou sans mérite. » Et, comme elle refuse Lemmikaïnen pour gendre; comme de son côté sa fille n'en veut pas pour mari, elle impose au soupirant des conditions d'une difficulté telle qu'il semble devoir y échouer fatalement.
On trouve dans le Kalevala quelques exemples des épreuves dont il s'agit, et qui se présentent sous des formes étranges et familières :
« Je t'appellerai un homme, je te tiendrai pour un héros, dit la vierge à Wainàmoinen , si tu fends dans sa longueur un crin de cheval avec une fine lame d'acier. Wainàmoinen ayant eu raison de cette épreuve, la jeune fille qui veut reconduire lui en propose une nouvelle, irréalisable cette fois : « Je serai à celui qui, sans outils, construira un bateau avec ces débris de mon fu-