Lett, XLIII, à Glarius
2. 2e Quest., 2, VII. — Remarquons aussi que tout acte de violence exercé au nom de la foi par un zèle mal éclairé, est en contradiction avec les principes de tolérance que nous rappellent les témoignages suivants, auxquels tant d'autres pourraient s'ajouter : c. La religion forcée n'est plus la religion : il faut persuader, non contraindre. )) (Lactance.) — <ï C'est une exécrable hérésie de vouloir attirer par la force, parles coups ou la prison ceux qu'on n'a pu convaincre par la raison. » (S. Athanase.) — (( Rien de plus contraire à la religion que la contrainte. » (S. Justin.) — ce Qu'on ne fasse aucune violence, même aux Juifs. » (4e Concile de Tolède.) — C( La foi se persuade et ne se commande pas.» (Fléchier.)
3. Pie IX, dans son Encyclique du 10 août 1863, parle « de ceux qui sont dans Y ignorance invincible, et qui, observant la loi naturelle et étant disposés à obéir à Dieu mènent une vie honnête et peuvent, avec l'aide divine, acquérir la vie éternelle )).
D'ailleurs, en remontant aux sources, nous avons constaté que la plupart des textes où il est parlé des non salvati, ne s'appliquent point à des sauvages ignorants (qui peuvent faire partie de l'âme de l'Église), mais visent des individus qui ayant connu la lumière, s'en sont éloignés par un esprit d'orgueil ou de révolte.
Enfin Léon XIII, dans son Encyclique Immortale Dei, rappelle qu' a il est dans la coutume de l'Eglise de veiller, avec le plus grand soin, à ce que personne ne soit contraint d'embrasser la foi catholique malgré lui, conformément à ce sage avertissement de saint Augustin : c< Credere non potest homo nisi volens 7>.
« Crois ou meurs ! » est un principe musulman, mais non chrétien.
4ô4 CONCLUSION.
pauvre fakir qui, ayant fait vœu de tenir les bras élevés vers le ciel, les maintient dans une telle immobilité qu'ils finissent par se dessécher peu à peu, semblables à une branche épuisée où la sève vivifiante ne peut plus monter... Nous plaignons le musulman fanatique, qui dans ses multiples oraisons croit nécessaire, pour être exaucé, de se livrer à une mimique compliquée et à des contorsions savantes... Nous ressentons aussi une profonde compassion pour ces malheureux indigènes de la Polynésie, qui se déchirent les chairs en y infusant des tatouages sacrés, afin de plaire à leur dieu d'argile Nous éprouvons enfin
une immense pitié pour les sectateurs de Vichnou par exemple, qui, obéissant à une épouvantable démence religieuse, se font broyer les membres sous le char pesant de la divinité farouche qu'ils adorent.
Certes! on peut, on doit les plaindre; mais en aucun cas, il n'y a lieu de se moquer de ces hommes ni de les mépriser, car en pareille circonstance, ils se sacrifient à une idée, à une conviction : ce qui est la plus manifeste, la plus décisive des présomptions en faveur de leur sincérité.
Alléguera-t-on alors que, du moment que l'on admet l'indulgence céleste en faveur des païens se conformant à la justice naturelle, il n'y a plus qu'à se désintéresser de leur sort, et à les laisser s'enlizer dans leur ignorance sans en prendre autrement souci, puisqu'ils ne sont point responsables?...
Notre réponse, la voici :
Si c'est bien pour nos frères déshérités qu'a été publiée, — on peut le croire, — la charitable, la consolante et angélique promesse : « Paix aux hommes de bonne volonté! », il n'en est pas moins constant que c'est à ceux qui connaissent la loi du Rédempteur, qu'ordre formel et pressant a été donné d'enseigner les peuples de la terre, de diffuser la « bonne nouvelle ».
Oui! aux nations privilégiées parvenues à une haute culture intellectuelle et morale grâce à la religion et au progrès, appartient la belle et noble mission d'aller généreusement vers ceux dont la conscience et l'esprit sont encore comme endormis. Oui ! aux fils de la Lumière, incombe le devoir de chercher à éclairer leurs frvres qui sont encore dans les ténèbres, et de porter au
milieu d'eux, non point la torche qui brûle et dévaste, non point les armes qui terrifient et asservissent, mais ces précieux flambeaux, rayonnant dans chaque main comme une aurore d'émancipation et de liberté :
Le flambeau de la Foi, et celui de la Civilisation,