ce II ôta son fustaine ». (Lettre de Rémission de 145S
3. Voleurs, de Yidocq, 180. — V. aussi Dict. d'argot, Francisque Michel.
Ces néologismes ne manquent pas d'esprit critique; ils se fondent sur cette remarque d'expérience : le plus souvent on ne « verra clair » dans nos affaires que si d'abord nous versons de l'argent; sinon il manquerait au dossier une pièce nécessaire.
Parmi les petits profits licites, le pourboire doit occuper la première place.
Pourboire ! contribution plus agaçante encore qu'onéreuse, qui nous met à la merci des salariés de tout acabit. Recevez-vous une livraison à domicile? prenez-vous une voiture publique, allez-vous au restaurant, au théâtre?... Vous êtes soumis à la contribution forcée du pourboire, ou vin du valet, comme disaient nos pères.
Eux, donnaient le liquide à boire en nature; nous, nous donnons quelques pièces de monnaie pour boire.
Ainsi l'histoire du pourboire n'est exactement que celle des pots-de-vin, qui aux diverses époques et selon les cas, ont porté les noms spéciaux que nous allons étudier.
Si l'on remonte aux Germains, on voit déjà dans les chroniques que des libéralités sous forme de vin, étaient dues aux serviteurs et employées dans un très grand nombre de circonstances de la vie. Il est curieux de remarquer que de tout temps la gratification n'est pas donnée pour manger, mais bien « pour boire ».
Nos pères, disons-nous, étaient astreints au pourboire sous le nom de vin du valet.
Qui aura trouvé un sac,
Aura le vin du valet. (Cris de Paris.)
Il ne faudrait pas croire que le mot « valet1 » ait eu jadis la signification actuelle. Non seulement ce terme ne désignait pas un domestique, mais il avait un sens relevé, socialement parlant. Ainsi il s'appliquait aux gentilshommes qui tenaient à la cour les offices les plus estimés : varlet était à peu près synonyme d'écuyer, de damoisel, de page. C'était même le titre
1. En wallon, valet veut dire un garçon, un individu non marié. Cependant l'ancienne forme est varlet : «. Je vis tout droit vers moi marchant, un varlet bel et advenant », «lit le Roman de la Rose.
que prenaient les nobles « lorsqu'ils prétendaient à l'ordre de Chevalerie qu'avaient obtenu leurs auteurs » ; et, avant François Ier, les roturiers ne pouvaient sans usurpation se désigner par la qualité de valets. Avec le temps, le mot finit par ne plus s'appliquer qu'aux serviteurs.
Le complément de prix, qualifié jadis vin du marché, représentait le petit régal, en liquide ou même en nourriture, que les contractants étaient censés s'accorder pour célébrer « la mémoire et la confirmation du marché convenu ». Cette somme ne figurait pas en ligne de compte dans les droits de vente, à moins qu'elle ne fût excessive.
Sous l'ancienne jurisprudence, le plaideur qui gagnait son procès devant une juridiction autre que celle de sa résidence, « avait le droit de faire entrer dans la taxe des frais, le vin de messager ». Par là on désignait l'indemnité allouée aux auxiliaires, que l'on supposait avoir été employés pour préparer l'instance, et suivre le procès. Ce vin était dû « pour chaque acte de procédure dont il est nécessaire qu'un procureur instruise son client ! » : le profit était l'équivalent des frais de poste. Quant au vin de Pè trier, c'était la dernière rasade servie à tout courrier.
Au Parlement de Paris, le vin fut remplacé par une somme « pour port de lettres et pièces », somme variant de douze à soixante livres d'après le tarif du 23 mai 1778.
Le vin de clerc était un bénéfice prévu par l'Édit du roi Charles VIII en 1493 2, en faveur des clercs du greffe qui écrivaient les expéditions des plaideurs, et que « devaient les parties bailler (donner) par honnêteté ».
Enfin le vin de bourgeois était perçu par les échevins, quand un citoyen se faisait recevoir membre de la bourgeoisie d'une ville.
A toute époque un des premiers devoirs de l'homme a été de porter les armes pour défendre le territoire de la patrie. De cette obligation « était tenu tout vassal à la semonce de son seigneur » ; et quand le vassal normand, par exemple, ne pouvait exé-