Droit de vin
3. Ces juges sont tantôt élus, tantôt désignés par le staroste ou bailli de village.
I. Dr. civil, coût umier de la Russie, par Pachmann, professeur à l'Institut de Saint- Pétersbourg.
Très ordinairement on tombe d'accord, et ce genre de vin d'appointements est réduit à un quart de védro d'eau-de-vie, ou à un demi-védro3. Procès-verbal de conciliation est dressé; le vin promis est apporté séance tenante, et partagé entre les juges et le staroste 3, comme rémunération des bons offices rendus.
Dans l'ancienne France, les magistrats rapporteurs bénéficiaient aussi de profits connus sous le nom à' épices.
Ces magistrats touchaient des émoluments fixes; néanmoins l'habitude s'était introduite, quand on avait gagné un procès, d'envoyer au juge des confitures et des dragées, appelées alors épices 4.
Ainsi les épices n'étaient nullement le salaire légal du juge, mais un petit cadeau que le gagnant, une fois les débats terminés, offrait au tribunal pour témoigner sa satisfaction : on pouvait adresser un envoi assez important de friandises, alors que la remise d'une pièce de monnaie eût été chose interdite, à l'origine du moins. « Celuy qui avait gain de cause, dit Etienne Pasquier, remettait aux juges pour forme de recognoissance ou regraciement des espices, mot de nos ancêtres pour désigner dragées et confitures5. »
Bien que le poivre portât aussi le nom d'épices, on n'en offrait jamais aux juges. Petit-Jean des Plaideurs, plaisante donc en disant :
« Il me redemandait sans cesse ses épices,
« Et j'ai tout bonnement couru dans les offices
« Chercher la boîte au poivre... »
En remontant à une Ordonnance de saint Louis, on apprend que les juges ne pouvaient recevoir plus de cinq so/s d'épices par semaine; Philippe le Bel en fixa la quantité « à ce que le ma-
1. Eu vieux langage appointer les plaideurs signifiait : ordonner le dépôt des pièces ou l'audition des témoins pour engager l'instance.